Course sans histoire pour la Toyota Corolla à moteur à hydrogène

On vous avait déjà parlé sur ce blog de la Corolla engagée en endurance au japon avec un moteur thermique capable de fonctionner avec de l’hydrogène gazeux. D’après le récit qu’en font des sites spécialisés, dont Motorsport.com, la voiture a pu voir la ligne d’arrivée lors des 24 heures de Fuji, les 22 et 23 mai. Dans le cadre du championnat Super Taikyu, elle a terminé à la 49ème place (dans les derniers, certes) et sans problème majeur, hormis un problème d’ordre électrique pendant la nuit. L’auto était engagée sous la bannière du Rookie Racing, l’écurie de course personnelle d’Akio Toyoda, le Président de Toyota. Le dirigeant a d’ailleurs pris le volant, tout comme d’autres pilotes dont Kamui Kobayashi (ex-pilote de F1 et pilote d’endurance pour Toyota, avec qui il a été champion du monde en 2020).

Le PDG de Toyota espère que ce projet de Corolla H2 va accélérer la diffusion de l’hydrogène. L’enjeu est pour lui la neutralité carbone. En tant que Président de la JAMA (l’association japonaise des constructeurs automobiles), il a demandé au gouvernement japonais de prendre en compte également cette voie de décarbonation de l’industrie. « Si toutes les voitures deviennent électriques, un million d’emplois seront supprimés au Japon » a-t-il déclaré. « Je crois qu’on a l’opportunité de montrer que cette alternative existe et j’ai envie de le dire au monde », souligne Akio Toyoda.

Pour sa part, Kamui Kobayashi est très enthousiaste. Il a été perturbé par le silence des monoplaces électriques, lors de son passage en Formule E. Avec la Corolla H2, il retrouve le bruit des moteurs, tout en polluant moins. « J’ai vraiment envie que l’hydrogène fasse partie du sport automobile dans le futur », s’est-il exclamé. Un des autres pilotes, Takuto Iguchi (qui roule pour Subaru en Super GT), a même dit qu’il n’aurait « pas su que cette voiture était à hydrogène si on ne lui avait pas dit ». « On entend le bruit du moteur, celui de l’échappement et il y a les vibrations. C’est incroyable d’avoir ça et en même temps de respecter l’environnement », commente-t-il.

Pour mener à bien ce projet, le constructeur japonais a pris le moteur de la Yaris GR qu’il a « dégonflé » pour des raisons de durabilité. L’hydrogène s’enflamme 7 fois plus vite que l’essence et il y a plus de contraintes sur les composants. Les ingénieurs doivent trouver le moyen d’alléger le moteur pour obtenir plus de performance.

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A propos de l'auteur

Laurent Meillaud

Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. Je collabore également depuis 2016 à la newsletter de France Hydrogène.

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