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Ce matin, dans le cadre du congrès Hyvolution, des experts ont évoqué les dernières tendances dans le secteur de la mobilité.

Ainsi, Air Liquide a expliqué qu’un réveil était nécessaire en France, au vu des investissements opérés en Allemagne et au Japon. C’est la raison pour laquelle l’industriel a organisé un événement dès 2011, sur son site de Marcoussis (Essonne) à l’attention des médias et décideurs, afin de montrer que l’hydrogène devenait une réalité. Plus récemment, Air Liquide a profité de la COP21 pour installer une station provisoire dans Paris et apporter son soutien à une compagnie de taxis (service Hype de la STEP) qui fait rouler des Hyundai ix35 à hydrogène.

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Très impliqué dans l’hydrogène, avec une activité de production de piles à combustible, et une prise de participation dans SymbioFCell (le fabricant du range extender qui propulse le Kangoo H2), Michelin était représenté au congrès par Patrick Oliva, le patron du Challenge Bibendum. Cet expert du développement durable est persuadé qu’il y a un potentiel, en raison de la volonté d’arrivé à une mobilité zéro émission. Et la pile à combustible a sa place, aux côtés des batteries. Michelin souhaite que la filière de l’électromobilité associe toute ses forces, au lieu d’avancer de façon séparée. Autre argument fort soulevé par Patrick Oliva : les véhicules proposés sur le marché consomment trop d’énergie. Ils devraient être conçus différemment pour réduire encore plus leur empreinte énergétique en conditions de roulage réelles. Ils devraient être plus légers. Michelin espère que la décennie 2020-2030 sera celle de l’électromobilité.

D’autres éclairages ont été apportés, tels celui de Nicolas Brahy du FCH-JU (Fuel Cells & Hydrogen, Joint Undertaking). La recherche, c’est bien, mais il faudrait que les Etats-membres investissent plus pour amorcer le marché. Cet appel a été vivement applaudi. On a en effet le sentiment que la demande vient des collectivités locales et que les gouvernements ne sont pas pressés de transposer à l’échelle d’une nation ce désir d’hydrogène. Seuls quelques pays ont cette démarche, comme l’Allemagne et le Danemark qui entend pour l’hydrogène jouer le rôle qu’exerce aujourd’hui la Norvège dans le secteur du véhicule électrique.

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Mais, on attendait surtout l’intervention de Toyota. Venu spécialement de Bruxelles, où il dirige le centre de recherche pour l’Europe, Gerald Killmann, a présenté la technologie de la Mirai. On a appris que Toyota avait réduit de moitié la taille de la pile et doublé dans le même temps les capacités en 20 ans. M. Killmann a aussi évoqué l’ouverture à la concurrence des 6000 brevets que le constructeur détient, afin de favoriser un développement plus rapide du marché. Des brevets ouverts jusqu’en 2020. Mais, il veut surtout un réseau de stations à 700 bars.

C’est un peu là que le bât blesse, car il y a deux standards en balance. Et en France, les premières stations locales sont à 350 bars afin d’alimenter les Kangoo H2 équipées du range extender de SymbioFCell.

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Mais, ce problème peut être dépassé. Air Liquide l’a montré avec sa station provisoire à Paris pour les taxis à hydrogène Hyundai. Et le PDG de SymbioFCell, Fabio Ferrari, est favorable à la coexistence des deux standards, en tant que responsable de H2 Mobilité France.

L’arrivée programmée de nouveaux modèles, comme la Honda Clarity dès cette année, puis d’autres chez Mercedes, Audi ou encore BMW, vont sans doute poser la question du réseau à 700 bars. Une donnée que la France devrait prendre en compte, alors qu’elle est supposée comme les autres Etats-membres indiquer avant la fin de l’année, le nombre de stations à hydrogène qu’elle prévoit à l’horizon 2020 afin de se conformer à la directive européenne sur les énergies alternatives.