L’opérateur de transport Suisse a achevé en janvier un essai de cinq ans* mené à Brugg, dans le canton d’Argovie. Les cinq bus propulsés par une pile à combustible ont donné toute satisfaction sur un plan technique. Ils ont parcouru 1,3 million de kilomètres depuis décembre 2011, évitant ainsi de rejeter l’équivalent de 1600 tonnes de CO2 par rapport à des bus diesel. Cet essai a «prouvé qu’il est possible d’utiliser de l’hydrogène pour le transport régional», indique CarPostal.

De plus, les conducteurs et passagers ont particulièrement apprécié leur conduite silencieuse et sans à-coups. Ces bus ont également été utilisés lors d’événements spéciaux comme le World Economic Forum à Davos ou le festival du film de Locarno.

En revanche, les bus à hydrogène pèchent par leur faible rentabilité. Leur prix d’achat est encore bien supérieur à ceux d’un bus diesel ou hybride, avec des charges de maintenance et d’exploitation plus élevées. De plus, il y avait eu peu d’évolution technique pendant la durée du test. Du coup, CarPostal a décidé d’arrêter le projet et de tester à la place des bus électriques à batterie.

Cette décision aura aussi pour impact le remplacement de la station-service à hydrogène aménagée à Brugg, en 2012. C’était la première du genre en Suisse. Elle sera remplacée par une installation conventionnelle, mais une autre pompe à hydrogène sera construite pour le ravitaillement des futurs bus à pile à combustible. Malgré tout, CarPostal croit en l’avenir de l’hydrogène et continue d’observer très attentivement le marché. A moyen terme, l’entreprise veut accroître son efficience en matière d’émission de CO2, et à long terme, elle veut cesser d’utiliser des carburants fossiles.

*Dans le cadre du projet européen CHIC (Clean Hydrogen in European Cities) auquel ont participé neuf villes, dont Londres, Berlin et Milan avec au total 26 véhicules.