Transformer les excédents d’électricité renouvelable en gaz afin de les stocker en grandes quantités et de « verdir » des secteurs fortement émetteurs de CO2 : telle est la réponse des spécialistes français de l’hydrogène face aux défis de la transition énergétique. Dans une dépêche, Reuters cite l’exemple du « power to gas », dont le procédé repose sur la technique de l’électrolyse, qui consiste à décomposer chimiquement l’eau grâce à un courant électrique pour produire de l’oxygène et de l’hydrogène.

L’hydrogène « renouvelable » ainsi produit pourrait résoudre les difficultés liées à l’intermittence de l’éolien et du solaire en les rendant stockables à long terme – par exemple en été pour une consommation hivernale -, réduisant dans le même temps les risques de tensions sur les réseaux électriques, écrit l’agence d’information.

« A partir de 50% d’énergies renouvelables dans le mix de production d’électricité d’un pays, il y a un vrai problème d’excédents temporaires de production qui implique de trouver des débouchés et qui donne toute sa pertinence au ‘power to gas' », estime Sandra Roche, directrice « New gas » d’Engie, pour qui ce seuil de 50 % sera atteint en France « à l’horizon de 2030 ».

EDF juge pour sa part que, en l’état actuel des technologies, « dépasser une valeur de 40% en moyenne d’éolien et de solaire dans le mix de production d’électricité à l’horizon 2030 (…) paraît un peu risqué en termes de robustesse du réseau, sauf à développer des moyens de stockage intersaisonnier en très grandes quantités », indique le responsable de la R&D du groupe, Bernard Salha. « La seule technologie qui permettrait de faire du stockage intersaisonnier à grande échelle, c’est l’hydrogène », ajoute-t-il. « Mais ça nécessite le développement d’une nouvelle filière industrielle, qui implique de raisonner en dizaines ou centaines de milliers de tonnes (de production), voire en millions, et donc un horizon de temps long. »

Reuters rappelle que la France s’est fixé comme objectif d’atteindre 40 % de sa production d’électricité d’origine renouvelable en 2030 (contre 19,6 % en 2016) tout en réduisant de 75 % à 50 % la part du nucléaire à horizon 2025, ce qui suppose une forte accélération de l’éolien et du solaire (5,5 % de la production électrique l’an dernier).