Alors que la région est résolument engagée dans la voie de l’hydrogène, l’université de Normandie vient d’obtenir le soutien de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre d’un projet qui vise justement à mesurer l’adhésion du public en vue de son développement. Il a pour nom Tethys*, pour Transitions Énergétiques Territoires Hydrogène et Société. L’originalité vient du fait que la coordination scientifique est assurée par un sociologue, Frédérick Lemarchand. Ce dernier est Maître de conférences en sociologie à l’Université de Caen et par ailleurs codirecteur du Pôle Risques de la Maison de la recherche en sciences humaines (MRSH) dans la même ville.

Le projet se fait également avec le Réseau Transition de l’Université de Bourgogne Franche-Comté, à Dijon.

Tethys s’inscrit dans le champ de la « démocratie technique ». Concrètement, il se propose de répondre, en étroite collaboration avec les acteurs des territoires, à un ensemble de questions liées au processus de transition énergétique liée à l’hydrogène, allant du recensement des expériences territoriales à la « mise en démocratie » d’enjeux à la fois généraux et très pratiques. En ce sens, il explore d’autres voies pour mesurer l’acceptabilité sociale des risques. Il est d’ailleurs porté par un consortium multidisciplinaire. Les équipes vont en effet associer la sociologie, la psychologie, le droit, la géographie, ainsi que la gestion et l’aménagement de l’espace pour aider les décideurs.

Pour Frédérick Lemarchand : la transition énergétique ne peut se faire qu’avec les citoyens, acteurs à part entière de la politique environnementale. Les chercheurs vont donc essayer de les associer. ce sera d’ailleurs le rôle du Dôme, un centre de culture scientifique et technique de la Presqu’île caennaise, qui grâce à son Living Lab pourra relayer les résultats des études auprès du grand public.

*Ce projet a obtenu un financement de l’Agence Nationale de la Recherche à hauteur de 295 000 € pour une durée de 3 ans.