Ce jeudi après-midi, le groupe français a inauguré une nouvelle station d’hydrogène sur l’aéroport d’Orly, à côté d’une station Avia en amont du terminal ouest. Elle intervenait « deux ans jour pour jour » après celle du Pont de l’Alma, qui avait ouvert pendant la COP21 à Paris, a rappelé le PDG d’Air Liquide, Benoît Potier. La station provisoire est encore là d’ailleurs. Mais, c’est un cap plus symbolique qui a été franchi.

Le fait d’ouvrir une station à hydrogène dans un aéroport (comme cela se fait aussi en Allemagne) montre que la technologie ne présente pas de risques si élevés pour la sécurité. On notait d’ailleurs la présence de pompiers de Paris à cet événement. D’un montant de 2 millions d’euros, dont la moitié prise en charge par le FCH-JU, cette station va délivrer 200 kg d’hydrogène par jour. De quoi ravitailler les taxis à hydrogène de Hype, le service lancé par la STEP et qui poursuit sur sa lancée. Le PDG de la société, Mathieu Gardies, a annoncé que 75 voitures seraient en service d’ici la fin de l’année (contre une quarantaine aujourd’hui), et qu’il y en aurait 600 avant 2020.

C’est pour accompagner cette croissance qu’Air Liquide, qui est à la fois actionnaire (avec la Caisse des Dépôts) et partenaire de la STEP, intensifie ces efforts. Après la station Orly, qui est une des plus importantes d’Europe, le groupe annonce une implantation prochaine à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle. ADP (Aéroports de Paris) croit lui aussi à l’hydrogène et pas seulement pour la mobilité. Son Président, Augustin de Romanet, a évoqué un objectif zéro carbone en 2050 qui pourrait être atteint avec ce type d’énergie pour chauffer les bâtiments et éclairer les pistes.

Pour le moment, le prix de l’hydrogène est élevé. On pouvait lire un prix au kg de 15 euros, rédhibitoire pour l’instant, mais qui devrait passer à 10 euros. Selon Benoît Potier, Air Liquide produit tellement d’hydrogène dans le monde (un domaine qu’il maîtrise depuis 50 ans) que ce ne sera pas un problème pour faire baisser le prix. L’objectif est de proposer le plein de H2 au même prix TTC qu’un plein d’essence ou de gas oil. Une promesse qu’il sera possible de tenir si Air Liquide obtient des pouvoirs publics de ne pas taxer l’hydrogène.