GeraldKillmann1

Le blog Hydrogen Today a profité du salon de Francfort pour rencontrer le Vice-Président en charge de la R&D à Toyota Europe. Un entretien qui a permis de faire le point sur le lancement de la Mirai en Allemagne, où elle sera disponible en octobre, et sur les attentes du constructeur japonais en matière d’infrastructures.

Quels sont les premiers retours suite au lancement de la Mirai ?

C’est très positif. La difficulté que nous avons pour le moment vient du fait que nous utilisons de nouvelles technologies au niveau du groupe motopropulseur, avec désormais une pile à combustible, et que, pour cette raison, nous devons adapter nos process de fabrication. Pour atteindre le niveau de qualité fixé par Toyota, et qui est standardisé dans le monde, cela prend du temps. Nous avons donc limité volontairement à 700 le nombre d’exemplaires pour la première année. Puis, ce sera 2000 l’année d’après, puis 3000 celle d’après. Nous allons aussi prendre le temps d’écouter les retours que nous font nos clients, afin de les intégrer dans les produits de future génération.

Qu’en est-il en Europe ?

En Allemagne, une des plus grandes difficultés vient de l’infrastructure.

Pourtant, certains acteurs dont Mercedes font des efforts en ce sens…

Il y a des coopérations entre les constructeurs. Nous, on travaille très fortement avec BMW. On a aussi des discussions avec d’autres marques, comme Mercedes, à travers les projets de développement au niveau allemand ou européen. C’est très utile, car cela permet de faire comprendre aux fournisseurs d’énergie quelles sont nos attentes. Les investissements sont groupés. Si on prend le cas de l’Allemagne, c’est plutôt dans le nord du pays qu’on va trouver des stations à hydrogène. Mais, si on ajoute l’Angleterre et le nord de l’Europe, cela représente déjà des régions assez bien couvertes. Il nous faut élargir encore la diffusion des stations pour qu’un produit comme la Mirai puisse rencontrer le succès en Europe.

Vous suivez peut-être ce qui se passe en France. Il semblerait que les pouvoirs publics reconsidèrent leur position sur l’hydrogène. Est-ce que cela pourrait accélérer l’arrivée de la Mirai en France ?

Certainement. La question n’est pas de savoir si oui ou non la voiture arrivera en France, mais quand. La technologie de la pile à combustible est prête pour presque tous les marchés. C’est important de pouvoir compter sur le soutien d’un gouvernement quand on lance un véhicule qui nécessite un nouveau type d’infrastructures. Avec l’hydrogène, on a réussi à avoir une standardisation au niveau mondial. Pour la connexion entre l’infrastructure de ravitaillement et la voiture, les dimensions, la pression et la communication, le fait d’avoir une seule norme évite d’avoir des problèmes au niveau de l’utilisation.

On sait que Toyota a ouvert ses brevets sur l’hydrogène et la pile à combustible. Etait-ce nécessaire ?

Pour nous, c’était intéressant de pouvoir déployer rapidement ce type de technologie qui a un effet sur l’environnement. On ne peut lancer l’hydrogène nous-mêmes. On l’a fait pour l’hybride à l’époque, mais il faut une action concertée qui prend en compte l’infrastructure. L’ouverture de nos 6000 brevets va accélérer le développement de l’hydrogène.

Voir l’album photo de la Toyota Mirai à Francfort