Seul constructeur français de bus à hydrogène, avec le Businova H2, le fabricant basé à Albi fournit les véhicules qui tournent en ce moment dans les Hauts-de-France près de Béthune. A ce jour, 3 bus sur 6 ont été livrés. Fin novembre, ils seront tous en circulation sur la première ligne en exploitation commerciale de bus à hydrogène (ligne 6 du réseau Tadeo). Cette grande première a valu à Safra beaucoup de marques d’intérêt. La société a par exemple reçu une commande de la part de B.E Green pour 5 bus à hydrogène qui seront mis en exploitation en début d’année prochaine dans le secteur de Versailles, où une station de remplissage d’Air Liquide se trouve à proximité.

Safra attend aussi des résultats d’appels d’offres à Auxerre et à Toulouse (projet Hyport). Le fabricant se positionne également pour être référence par l’UGAP et pouvoir répondre ainsi à des commandes groupées.

Le PDG de la société, Vincent Lemaire, est confiant sur le marché. En France, il rappelle que la loi de transition énergétique va conduire à l’obligation d’achat de bus propres pour des liaisons de service public (1 sur 2 en 2020, 100 % en 2025 avec du biogaz, de l’électrique ou de l’hydrogène). L’Europe va d’ailleurs s’aligner en 2025 sur les positions françaises. Le chef d’entreprise regrette au passage que l’Etat ne soutienne pas l’achat de bus à hydrogène comme il le fait actuellement pour l’électrique à batterie.

Pour le moment, Safra fait partie des rares producteurs de bus H2 avec Van Hool et Solaris. Toutefois, le bus à hydrogène est un sujet qui monte en Europe. La situation devrait générer à terme l’arrivée de concurrents, qu’il s’agisse de constructeurs classiques (Iveco, Mercedes) ou de nouveaux concurrents chinois.