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Dans le cadre d’un « position paper », que l’on peut télécharger ici, la Plateforme de la Filière Automobile (PFA) donne son avis sur l’hydrogène et les piles à combustible.

En préambule, les experts reconnaissent que le contexte « a évolué depuis 2012 sur l’intérêt de l’hydrogène, avec un engagement des sphères publiques et d’industriels ». Pour autant, le scepticisme est toujours de mise au sein de la PFA, pour qui « la compétitivité du vecteur hydrogène en tant que solution de stockage de l’énergie reste à démontrer ».

Le document rappelle que « certains pays (Allemagne, Japon, Corée, USA) s’engagent dans cette voie, tant dans les applications de mobilité que du stationnaire ». Cela n’est pas sans conséquence pour les industriels français. La PFA révèle que « des grands équipementiers internationaux sont sollicités par des constructeurs automobiles mondiaux (allemands, asiatiques), et doivent se positionner pour anticiper la 2ème génération de véhicules à pile à hydrogène ». On peut lire aussi que « d’autres industriels s’attachent à créer des conditions favorables pour l’émergence d’un écosystème H2, par exemple en accompagnant des start-ups, susceptible de générer des opportunités de croissance à terme ».

Cet avis reconnaît que « des marchés d’amorçage permettent l’émergence de nouveaux acteurs sur la mobilité hydrogène. Par exemple, l’approche « range extender » sur des VUL (proposition du plan H2 Mobilité France) constitue une opportunité d’exploration de mobilité hydrogène basée sur des clusters. Cette approche peut poser les bases d’un premier maillage de l’infrastructure et valider l’intérêt de la technologie hydrogène et du modèle économique associé ».

Toutefois, le « position paper » reste encore très réservé. « Dans le contexte actuel, les conditions permettant aux constructeurs automobiles de décider des investissements pour des véhicules de série (compétitivité de la technologie non démontrée, conditions de marché incertaines, développement des infrastructures risqué) ne sont pas réunies ». Ce qui revient à dire que « la technologie hydrogène est une des solutions de mobilité zéro émission parmi d’autres ».

En résumé, pour la PFA, « l’’émergence d’un marché de véhicules à hydrogène est conditionnée par l’existence d’un « écosystème hydrogène » bien plus large que la mobilité, qui dépend essentiellement des stratégies énergétiques des Etats. Dans ce cadre, la mobilité hydrogène peut y avoir sa place, mais ne peut être à elle seule le facteur déclenchant d’un déploiement large de l’hydrogène » conclut la filière automobile.