Réponse dans 5 ans pour un Airbus à hydrogène


La tribune rapporte des éléments nouveaux sur le plan de relance de l’aéronautique. Ce plan, présenté en juin, prévoit de mettre en service à l’horizon 2035 un avion moyen-courrier à hydrogène n’émettant pas de CO2. Si l’on en croit les propos de Patrick Gandil, le directeur de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), les défis à relever se situent notamment au niveau du stockage de l’hydrogène. Pour des raisons de volume de réservoir, il est nécessaire d’utiliser de l’hydrogène liquide, mais pour qu’il reste sous cette forme, réservoir et circuits devront être maintenus à une température inférieure à – 250 °C.

« Il faudra attendre cinq ans pour savoir si les technologies seront suffisamment matures pour lancer un tel avion », a-t-il indiqué devant des journalistes. Et pour lui, « la marche technologique à gravir est du même ordre, voire encore plus haute que celle franchie après la deuxième guerre mondiale par les premiers avions pressurisés et les premiers avions à réaction ».

« Plus que l’utilisation de piles combustibles », explique le directeur de la DGAC, « la formule privilégiée vise à brûler de l’hydrogène dans une turbine à gaz », comme n’importe quel gaz ou kérosène vaporisé. Par ailleurs, il faudrait que l’hydrogène utilisé soit décarboné et non dérivé d’hydrocarbures. Rappelons que les industriels, réunis au sein du Conseil pour la recherche aéronautique civile (Corac), vont travailler sur un seul avion et, en parallèle, sur deux systèmes propulsifs: le premier ultra-sobre et le second, à hydrogène.

Guillaume Faury, le patron d’Airbus, avait salué la publication de la stratégie hydrogène de la Commission européenne, le 8 juillet. Il souligne que le groupe est « engagé dans le développement de vols durables, et estime que l’hydrogène est l’une des solutions les plus viables ». « C’est l’une des technologies les plus prometteuses disponibles pour nous aider à atteindre des vols sans émissions d’ici 2035. Nous nous félicitons de la stratégie et de la feuille de route de l’UE sur l’hydrogène, qui nous permet d’être à la hauteur de cette ambition », a indiqué le PDG d’Airbus. L’avionneur a travaillé sur le sujet en soutien aux chercheurs du DLR (l’équivalent allemand de l’Onera) sur le démonstrateur HY4.

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A propos de l'auteur

Laurent Meillaud

Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. Je collabore également depuis 2016 à la newsletter de France Hydrogène.

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