Utilitaires H2 : Stellantis cible la France et l’Allemagne

A l’initiative du club Dhynamise, mis en place par le pôle Véhicule du Futur en région Grand Est, le groupe automobile est venu expliquer dans le cadre d’un webinaire sa stratégie commerciale pour les utilitaires à hydrogène.

La parole était ainsi donnée à Pierre Garnier, en charge du développement de l’activité hydrogène. Alors que les premiers exemplaires (Citroën Jumpy, Peugeot Expert, Opel Vivaro) sont arrivés chez des clients, Stellantis a décidé de se concentrer en Europe sur la France et l’Allemagne, ceux qui ont le plus de stations d’avitaillement et proposent des aides à l’acquisition.

Un dossier a été déposé outre-Rhin avec une commande de 100 véhicules où le surcoût est pris en charge à 80 %. Dans le land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, 60 % du prix d’achat peut être pris en charge. Il est plus difficile en France de bénéficier d’aides, car il faut se greffer sur des projets et de préférence privilégiant l’hydrogène vert. A titre indicatif, le prix descend à 31 500 € H.T en Allemagne, contre 51 300 € dans l’hexagone dans le meilleur des cas.

Il a été rappelé que la volonté de Stellantis était de préserver la capacité de chargement (1 tonne) par rapport aux versions électrique et Diesel. Les véhicules à hydrogène permettent de bénéficier de plus de 400 km d’autonomie (dont 350 en mode H2, une batterie offrant 50 km de rayon d’action), avec un temps de remplissage de 3 mn. Par rapport à la version électrique, le groupe a retiré 200 kg de batteries pour les remplacer par trois réservoirs stockant 4,4 kg d’hydrogène à 700 bars et la pile à combustible de 45 kW, avec un léger gain de poids au passage. La batterie de 10 kWh est la même que celle que l’on peut trouver sur des modèles hybrides rechargeables du groupe. Il faut une heure pour la recharger sur une wallbox (sinon de 3 à 6 h).

Signalons au passage que les utilitaires H2 atteignent une vitesse de pointe de 130 km/h et accélèrent de 0 à 100 km/h en 15 secondes. L’intérieur est le même que la version électrique, à la différence du compteur qui indique le plein d’hydrogène. Les véhicules sont garantis pour 160 000 km et 8 ans.

Au niveau de la concurrence, Stellantis a cité bien sûr Renault avec le Master ZE Hydrogen, Hyundai avec le H350/Staria, mais aussi Daimler avec le Sprinter et même Volkswagen avec le Crafter HyMotion ! En Chine, SAIC propose aussi un utilitaire (Maxus Euniq 7).

En ce qui concerne les ambitions, le groupe a prévu de faire un premier lot de 2 000 véhicules. Les ventes pourront s’ouvrir à d’autres pays en fonction des aides et du contexte local. Pour le moment, Stellantis fait du sur mesure avec une petite équipe qui prend les commandes et envoie des « flying doctors » en provenance d’Allemagne pour gérer l’entretien. Avec l’augmentation des volumes, le réseau pourra prendre le relais.

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A propos de l'auteur

Laurent Meillaud

Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. Je collabore également depuis 2016 à la newsletter de France Hydrogène.

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