McPhy en situation critique

McPhy en situation critique

Le fabricant d’électrolyseurs peut tenir jusqu’à la fin du premier semestre. Peut-être plus. Une situation délicate, alors que le groupe fait valoir un portefeuille de commandes de l’ordre de 30 millions d’euros.

Le chiffre d’affaires consolidé pour 2024 s’élève à 13,2 millions d’euros (au lieu de 17,1 M€ en raison de la résiliation de certains projets de stations). Un résultat en baisse de 30 % par rapport à 2023. Alors que l’année a été marquée par la sortie dans l’activité stations, la partie électrolyseurs compte pour 92 % dans les résultats. Mais malgré un doublement des prises de commandes fermes de 28,1 millions pendant l’année dernière, dont 23,4 pour les électrolyseurs, McPhy est sévèrement dans le rouge. Le résultat net est de – 74,1 millions d’euros.

Plusieurs facteurs expliquent la situation dont le retard du projet Djewels aux Pays-Bas.

Le problème c’est que le groupe n’avait plus que 39 M€ au 31 décembre 2024 dans les caisses (au lieu de 63 M un an auparavant). Il peut tenir jusqu’à fin juin. Sa planche de salut dépend d’Atawey qui doit encore lui verser 11 millions d’euros pour le rachat de l’activité stations. L’entreprise savoyarde, qui dépend de l’attribution d’un financement externe, pourrait payer en deux fois (ou avec une partie en actions). L’Etat doit par ailleurs verser 13 millions d’euros au titre d’un PIEEC. Auquel cas, McPhy pourrait tenir jusqu’à la fin du troisième trimestre.

La société évoque « une incertitude significative sur la continuité d’exploitation car, dans l’hypothèse où les solutions recherchées n’aboutiraient pas dans le calendrier prévu et/ou à la hauteur des objectifs attendus, le Groupe pourrait ne pas être en mesure de réaliser ses actifs et de régler ses dettes dans le contexte habituel de ses activités ». Lire le communiqué.

Prochaines échéances : la publication du rapport financier annuel au plus tard le 30 avril et l’organisation de l’assemblée des actionnaires le 17 juin.

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à propos de l'auteur

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Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. Je collabore également depuis 2016 à la newsletter de France Hydrogène.

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