
La célèbre organisation de classification vient d’éditer un rapport. Si l’hydrogène ne représente à ce jour que 0,5 % des commandes dans le transport maritime, il coche bien des cases pour aider la secteur à atteindre la neutralité carbone en 2050.
Dans le cadre de sa série « Fuel for thought », la Lloyd’s Register vient de publier un rapport qui met en avant le potentiel de l’hydrogène ainsi que ses limites dans la décarbonation. Il éclaire sans dogmatisme les débats, alors que les armateurs font face à une pression croissante pour réduire leurs émissions, en particulier dans le cadre des ambitions de neutralité carbone affichées par l’OMI en vue de 2050. La réglementation peut jouer un rôle très fort. Et justement, l’hydrogène vert pourrait bénéficier d’un coup de pouce, grâce au plan FuelEU Maritime qui prévoit un mécanisme de soutien pour les carburants renouvelables d’origine non biologiques jusqu’en 2033.
Une analyse lucide
Dans ce rapport d’une cinquantaine de pages, la Lloyd’s couvre tous les aspects, des risques liés à la sécurité au cycle de vie, en passant par le transports, le stockage et son utilisation. On peut y lire qu’il faudra faire preuve de pédagogie. Le transport maritime a déjà l’expérience du gaz naturel liquéfié (LNG), mais les propriétés de l’hydrogène sont un peu différentes, de même que les contraintes liées à son stockage.
S’agissant des armateurs, la demande reste anecdotique avec 40 navires en commande. Toutefois, il y a aussi les bateaux « hydrogen ready » qui peuvent être retrofités ou fonctionner en bicarburation. Le moteur à hydrogène semble être la solution la plus rapide à mettre en place.
En résumé, l’hydrogène doit surmonter un certain nombre d’obstacles, en particulier économiques, pour devenir une alternative. Mais en raison de sa flexibilité (il peut se consommer en hydrogène pur ou en molécules d’ammoniac, de méthanol ou sous forme d’e-fuels) et de sa compatibilité avec les énergies renouvelables, c’est un candidat à fort potentiel.
Le rapport a été rédigé avec une préface du Dr Maximilian Kuhn, conseiller et liaison ISO TC 197 auprès de l’OMI, ainsi qu’auprès de Hydrogen Europe.