
Lors d’une audition au Sénat, Olivier Andriès, Directeur Général de Safran et Président du GIFAS, a évoqué les obstacles qu’il reste à franchir pour faire voler des avions à l’hydrogène liquide.
Lors de cette audition, qui remonte à mercredi, Olivier Andriès a parlé de décarbonation. Il a parlé par exemple du moteur des futurs remplaçants de l’Airbus A320 et du Boeing 737, ainsi que des carburants durables. A ce sujet, il a rappelé que l’Europe avait choisi d’imposer un seuil de 6 % de SAF à l’horizon 2030 et de 20 % en 2035, alors que les Etats-Unis jouent la carte de l’incitation à travers des subventions. Par SAF, on entend des carburants issus d’une biomasse qui ne vient pas empiéter sur la biomasse ou des huiles recyclées. Il peut s’agir aussi de carburants de synthèse, pour lesquels l’offre est très limitée avec un coût 4 à 5 fois supérieur à celui du kérosène.
Olivier Andriès a ensuite évoqué l’hydrogène en tant que carburant. Sans citer une seule fois Airbus, il a déclaré que c’était « une approche séduisante, car elle n’émet pas de carbone ». De plus, les moteurs thermiques de Safran pourraient fonctionner justement à l’hydrogène.
La contrainte des infrastructures liées à l’hydrogène liquide
*Mais, il faut de l’hydrogène liquide pour faire volet de tels avions. Le problème n’est pas un challenge technique, même s’il faut 4 fois plus d’hydrogène que de kérosène « pour faire le même job ». A ce propos, le patron du GIFAS a indiqué que les avions devaient rester aérodynamiques. « Si vous faîtes une baleine, vous n’irez pas très loin ».
C’est ce qui fait dire à Olivier Andriès que l’hydrogène n’est « ni pour le long-courrier, ni pour le moyen-courrier », mais « peut-être pour les avions de 100 places » pour du transport régional. Et c’est bien pour cet usage que sont développés des projets à l’heure actuelle.
Pour lui, la difficulté vient de l’écosystème. « Pour proposer de l’hydrogène liquide, il faudrait équiper les aéroports d’infrastructures qui coûteraient des dizaines ou des centaines de milliards », estime-t-il. Or, ces investissements ne sont pas envisageables en l’état. Pour toutes ces raisons, le DG de Safran pense que « l’hydrogène est plutôt pour le XXIIe siècle dans l’aéronautique ». Mais, « c’est une approche intéressante et on y travaille », a conclu le dirigeant.
Pour savoir ce qui a été dit, vous pouvez réécouter ici l’audition du DG de Safran.