Selon le Shift Project, les e-SAF ne suffiront pas à décarboner l’aviation

Selon le Shift Project, les e-SAF ne suffiront pas à décarboner l’aviation

Le think tank de Jean-Marc Jancovici qui salue le rôle de carburants produits avec de l’hydrogène, c’est suffisamment rare pour ne pas être mentionné. Alors, voici ce que dit l’étude « pouIl faudrait voir voler sans pétrole ».

Le nouveau rapport d’Aéro Décarbo et du Shift Project rappelle d’abord que l’aviation commerciale est responsable de 3 % des émissions mondiales de CO2 . Ce que l’on savait moins, c’est que cette part s’élève à environ 5 % dans l’Union européenne et à 6,8 % en France. Et autant le dire tout de suite, si les e-SAF offrent le meilleur potentiel parmi les solutions technologiques, ce ne sera pas suffisant si le trafic poursuit sa croissance actuelle. Il est donc proposé de le baisser à l’échelle mondiale, quitte à le réaugmenter plus tard. Bonne chance !

Pour en revenir à l’étude, les auteurs ont choisi d’écarter l’avion à hydrogène, repoussé « à un horizon indéterminé ». Ils se concentrent donc sur les carburants liquides et comparent les différents types de SAF (carburants durables).

Tout ça pour SAF…

Il est possible aujourd’hui d’en produire à base d’huiles usagées, à base de biomasse non alimentaire et à base de CO2 et d’hydrogène. Et ce sont les e-SAF qui cochent le plus de cases, car ils peuvent être produit en France à partir d’une électricité décarbonée. Et surtout, il est moins limité par la disponibilité d’une ressource biologique, contrairement aux bioSAF.

C’est un usage de l’électricité « peu efficace », juge l’étude mais « indispensable pour l’aviation ». Parmi les chiffres énoncés, on retiendra qu’avec 1 MWh d’électricité, on peut faire voler un passager pendant 1 400 km. La même quantité d’énergie permet de faire 5 000 km en voiture électrique ou 450 km avec une voiture roulant aux e-fuels. Mais, il faudrait 10 000 TWh pour remplacer la quantité mondiale de kérosène consommée par les avions. Soit, un tiers de l’électricité mondiale !

Bref, selon The Shift Project, le mieux serait de se limiter à 1 000 km en avion, par personne ou par an. L’équivalent d’un Pairs-Montréal qu’on ne ferait que tous les 12 ans.

Lire la synthèse de l’étude.

Cet article vous a plu ? Partagez-le !

à propos de l'auteur

Image de Laurent Meillaud

Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. J'ai collaboré également à la newsletter de France Hydrogène. Et je suis aussi animateur de conférences et de forums dédiés à ce thème.

Nos derniers articles