
La Tribune semble s’étonner de voir que le producteur d’hydrogène vert maintient son plus grand projet d’électrolyseur en France, en Isère. Il suffisait pourtant de se référer aux annonces faites en décembre et début février pour le comprendre…
La presse économique prend un malin plaisir à dézinguer la filière hydrogène en France, soulignant rarement les bonnes nouvelles et s’attardant lourdement sur les échecs ou les difficultés. La publication de la PPE et « les signaux ambivalents pour le moins ambivalents pour la molécule H2 » sont l’occasion d’en rajouter une couche.
Si l’on prend le cas de Lhyfe, un article de La Tribune avait affirmé le 30 janvier que l’entreprise allait se séparer de près de la moitié de ses effectifs. Ce qui, jusqu’à preuve du contraire, a été démenti*. Aux dernières nouvelles, la « réorganisation prévoit notamment la suppression de certains effectifs au sein du Groupe, le nombre de ces suppressions d’emploi devant être déterminé à l’issue des négociations sociales en cours ».
Dans un nouveau papier publié hier, le même journal titre que « Lhyfe maintient son plus grand projet d’électrolyseur en France ». Une référence au projet de Le Cheylas en Isère, entre Grenoble et Chambéry. Pour mémoire, le site disposera d’un électrolyseur de 10 MW capable de produire 4 tonnes d’hydrogène par jour. L’usine permettra de subvenir aux besoins des 7 stations hydrogène de la société HYmpulsion en région AURA pour un volume de 600 tonnes par an sur une période de 10 ans, ainsi qu’à ceux des industriels régionaux.
Deux usines de plus en construction en France
Le projet « reste confirmé pour 2026 et occupera même une place jugée « stratégique » pour la société », écrit encore La Tribune. Quel scoop ! Dans un communiqué publié le 3 décembre, Lhyfe annonçait la « poursuite de la construction de deux sites en France : Le Cheylas (10 MW) et Croixrault (5 MW), représentant une augmentation de plus de +70 % de la capacité de production totale. En décembre dernier, le même Lhyfe disait déjà dans un communiqué vouloir renforcer ses activités commerciales et opérationnelles « en s’appuyant sur ses 6 sites de production existants et en construction ». Et il faisait déjà référence à une augmentation conséquente de ses capacités de production.
Précisons qu’au Cheylas, « la grande majorité des équipements est installée. Les travaux de de raccordements électriques et de tuyauterie sont en cours. Les prochaines étapes incluent le démarrage des tests de l’ensemble des équipements, avant la mise en service » (dont la date n’est pas fixée à ce jour). On en saura plus sur la feuille de route 2026 lors de la publication des résultats annuels de 2025, le 31 mars.
* »les ordres de grandeur évoqués ne correspondent pas à la réalité » avait répondu Lhyfe à La Tribune. Ce qui n’empêche pas le journal dans son dernier article d’avancer le même chiffre…