
Le 22 juillet, Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de l’Énergie, et Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, ont réuni à Bercy les acteurs de la filière H2. Ils s’engagent à prendre des décisions dans les trois mois à venir.
Alors que la France a adopté le 15 juillet sa troisième Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3), la tenue de ce comité de pilotage a permis de dresser un état des lieux partagé de la filière hydrogène.
Il se trouve qu’on dénombre dans l’hexagone 27 grands projets de production d’hydrogène pour les industries stratégiques, comme le raffinage et les transports (aérien et maritime). La France est par ailleurs le 2ème pays au monde (derrière la Chine) pour les projets de carburants de synthèse aériens et un des quatre Etats européens positionnés sur la production d’acier non-fossile avec le projet Gravithy (à Fos-sur-Mer).
Parmi ces projets, neuf pourraient atteindre leur décision finale d’investissement au cours des dix-huit prochains mois, pour un montant cumulé de 7,5 milliards d’euros d’investissement privé. Mais, cela dépendra des mesures prises lors des trois prochains mois.
Des premiers lauréats pour le soutien à la production
En attendant, France Hydrogène salue l’annonce des trois premiers lauréats du mécanisme de soutien à la production d’hydrogène décarboné. Il s’agit d’Hydrozère, porté par ENGIE Solutions H2 ; eM-Rhône, porté par Elyse Energy ; et FertHySomme, porté par FertigHy. Ces projets représenteront au total 161,4 MW de capacités d’électrolyse et bénéficieront d’un soutien public de 778 millions d’euros sur quinze ans.
Pour aller plus loin, un consensus s’est dégagé autour de quatre mesures prioritaires.
Il s’agit d’abord de défendre un véritable “Made in Europe” dans le cadre de l’IAA (Industrial Accelerator Act) avec des équipements effectivement produits en Europe, et non de simples assemblages de composants importés. Il est également important d’assurer la continuité du soutien aux projets industriels, en engageant les prochaines tranches du mécanisme de soutien à la production conformément à la Stratégie nationale hydrogène.
L’IRICC en 2027 ?
Une autre priorité est l’entrée en vigueur du mécanisme IRICC en 2027, indispensable pour sécuriser une demande pour l’hydrogène décarboné dans les raffineries, les carburants de synthèse maritimes et la mobilité routière. Enfin, la filière attend un mécanisme de dérisquage (double-enchère nationale) pour faire passer des projets de carburants aériens de synthèse en décisions finales d’investissements.
« Sébastien Martin et Maud Bregeon ont bien compris l’urgence à agir », se félicite Nicolas Brahy, le Président de France Hydrogène. « La ministre s’est engagée à pousser les trois mesures-clés dans le Projet de loi de finances ».