H2 : les acteurs de la biomasse veulent se faire entendre

Alors que le prix élevé de l’électricité renchérit l’électrolyse et donc le prix de l’hydrogène, d’autres acteurs essaient d’attirer l’attention sur des procédés alternatifs et moins chers.

Présent hier au forum Hydrogène au Centre, à Bourges, Jean Foyer, le fondateur de Qairos Energies, a suivi avec intérêt la table ronde sur la crise énergétique et ses impacts sur le déploiement (réunissant notamment Engie, Hynamics , Lhyfe et McPhy). Il aurait, en vérité, voulu intervenir à la tribune pour expliquer que d’autres voies sont possibles.

Qairos, qui est implanté à Trangé dans la Sarthe, prépare la première unité de production au monde de gaz de chanvre par pyrogazéification. Un procédé qui permet d’obtenir un gaz de synthèse pouvant être converti hydrogène. Il veut associer à son projet une centaine d’agriculteurs. « Aujourd’hui la production d’hydrogène par pyrogazéification revient à 9,00 € le kg soit l’équivalent d’un litre de Diesel à 1,4 € à la pompe », explique Jean Foyer sur WikiAgri. « Mais, quand il sera possible de produire ce gaz à grande échelle, un coût de production inférieur à 4,00 €/kg n’est pas exclu, ce qui permettrait de distribuer l’hydrogène à l’équivalent de moins d’un euro le litre de diesel à la pompe soit l’équivalent du gazole non-routier », poursuit-il. Selon le même article, en France, le potentiel de production est compris entre 80 et 100 térawattheures, soit l’équivalent de la moitié du gaz importé de Russie.

Un autre acteur, plus avancé, est Haffner Energy. La société, qui est entrée en bourse, a développé le procédé Hynoca. A partir de biomasse, et en l’occurrence des plaquettes de bois, il est possible d’obtenir un gaz synthétique à partir du quel on obtient aussi un hydrogène renouvelable. L’un des représentants de la société, Didier Le Goïc, a pris la parole au forum de Bourges pour attirer l’attention des décideurs. Protégé par des brevets, le procédé permet de mettre en place des stations modulables, faciles à installer et permettent de produire entre 250kgs et plus de 1000kgs d’hydrogène par jour, selon la taille. Une première application est en cours à Strasbourg. D’autres projets sont en cours, menés par Haffner, ou sous le nom de la société Carbon Loop (fondée par le fonds Kouros et qui reprend ce procédé).

Haffner avance une empreinte carbone négative et un prix compétitif de l’hydrogène renouvelable.

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à propos de l'auteur

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Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. Je collabore également depuis 2016 à la newsletter de France Hydrogène.

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