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Alors que l’on parle de plus en plus d’hydrogène décarboné, issu de ressources renouvelables, la perspective de pouvoir utiliser un jour de l’hydrogène naturel pourrait complètement changer la donner. Un certain nombre de pays pourraient alors devenir producteurs, dont le Mali, qui a lancé une unité pilote en 2012.

Il s’agit du seul exemple au monde de l’utilisation d’une source naturelle d’hydrogène pour produire de l’électricité. Au village de Bourakebougou, à 50 kilomètres au nord ouest de Bamako, son exploitation permet d’éclairer  la place du village, les lieux de culte, ainsi que les habitations d’une centaine de familles. Le site permet de produire une électricité 7 fois moins chère qu’à partir de méthane, et en ne rejetant que de la vapeur d’eau.

On dit cette installation à Aliou Boubacar Diallo, le président de Petroma, une société spécialisée dans la recherche du pétrole et du gaz au Mali.

C’est tout à fait par hasard que cette source miraculeuse a été découverte. A l’origine, un forage avait été mené pour le compte d’une ONG qui cherchait de l’eau et on y a trouvé à la place de l’hydrogène pur à 98 %. Il se trouve que cette région est un bassin sédimentaire avec une couche de grès très poreux, épaisse de 1600 mètres et riche en gaz. Depuis trois ans, la source d’hydrogène est continue et le débit du gaz qui sort du puits n’a pas faibli.

Petroma vient d’obtenir un permis d’exploitation et un permis environnemental au Mali. La compagnie va pouvoir explorer une zone de 43 000 Km2 avec d’ores et déjà 16 sondages programmés. Elle est également à la recherche d’investisseurs publics et privés. Le Mali ambitionne de construire la plus grande centrale électrique à hydrogène naturel, afin d’exporter de l’électricité bas carbone vers les pays voisins.

Sources : Sciences et Avenir, Le Figaro