Le 12 octobre, la mission d’information parlementaire sur l’offre automobile française a adopté son rapport, formulant 120 propositions pour une approche industrielle, énergétique et fiscale. Ce rapport constate l’émergence de l’hydrogène comme une technologie d’avenir, tout en soulignant qu’historiquement, la filière automobile française n’a pas fait le choix de l’hydrogène, et déplore clairement le manque d’investissements des constructeurs français sur cette technologie.

La mission insiste sur le potentiel de l’hydrogène dans le domaine de la mobilité pour atteindre l’objectif véhicule zéro émission : « Par ses caractéristiques technologiques, l’hydrogène pourrait à terme remplacer le diesel sur les usages automobiles liés aux longues distances. Le déploiement de l’hydrogène comme solution de mobilité à grande échelle suppose néanmoins de résoudre le problème des infrastructures, de la production d’hydrogène écologiquement vertueuse et de réduire les coûts ».

Concernant les infrastructures, la mission propose « que la priorité soit donnée aux véhicules électriques à batterie pour les véhicules légers, pour laquelle une offre automobile française existe, au GNV pour le transport lourd, sans fermer la porte à l’hydrogène dont les développements en cours doivent être soutenus à ce stade par le déploiement de flottes captives ». En ce sens, le rapport valide la stratégie promue par le consortium Mobilité Hydrogène France depuis 2013.

Concernant la production d’hydrogène et le stockage, la rapporteure Delphine Batho souligne que la production d’hydrogène « doit nécessairement être décarbonée » et que « les développements à venir dans l’automobile doivent nécessairement se concevoir dans une perspective globale de transition énergétique, dans laquelle l’hydrogène permet, par le stockage de l’énergie, d’apporter une solution à l’intermittence des énergies renouvelables », conformément à l’Avis émis par l’ADEME en février 2016.

Cette mission parlementaire adhère aux conclusions du rapport gouvernemental sur la filière hydrogène-énergie, remis au gouvernement en septembre 2015, notamment le fait que la mobilité apparaît comme le secteur « le plus prometteur » parmi les applications de l’hydrogène, et que l’hydrogène-énergie pourrait se développer « à l’horizon 2025-2030 ».

Pour soutenir cette vision, la mission émet deux propositions relatives à l’hydrogène :

La proposition n°63 du rapport, « Établir une feuille de route pour le véhicule à hydrogène décarboné », recommande : dans l’immédiat, de soutenir le déploiement de flottes captives, qui n’engendrent pas des coûts d’infrastructure trop lourds ; d’apporter un fort soutien à la R&D au travers du PIA III pour inciter les constructeurs à concevoir une offre française du véhicule hydrogène à horizon de 5 ans au plus tôt, de 2025 au plus tard ; d’organiser une task force entre la filière automobile française et les entreprises leader de la technologie ou engagées sur le stockage de l’énergie (Air Liquide, Total, Engie, Saft…).

La proposition n°66 évoque « une potentielle Équipe de France de l’hydrogène », faisant référence aux travaux du plan « Autonomie et puissance des batteries » de la Nouvelle France Industrielle, à même de positionner la France parmi les champions européens de l’hydrogène.

Constatons-donc avec soulagement que le temps, pas si lointain, où de nombreux « experts officiels » assénaient que l’hydrogène ne serait jamais une option semble maintenant dépassé… Les constructeurs automobiles français sauront-ils rattraper le retard accumulé face aux constructeurs étrangers, notamment Japonais, quand on sait que Toyota par exemple a engagé 4 milliards de dollars d’investissement dans la technologie hydrogène ? En tous les cas, ils peuvent compter sur les téméraires mais visionnaires innovateurs français, des jeunes entreprises telles que Symbio FCell, McPhy, PaxiTech, Atawey, Ad-Venta, Pragma, Sylfen et autres, qui sont reconnus et actifs en France et à l’export. Sans oublier que des énergéticiens majeurs, tels Air Liquide et Engie, ont eux parfaitement compris qu’il était plus que temps d’accélérer sur le sujet…

Rapport parlementaire complet : http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/rap-info/i4109.pdf