En Suède, le sidérurgiste Ovako et le producteur d’hydrogène Linde Gas viennent de mener un test qualifié de « première mondiale ». Ils ont utilisé de l’hydrogène au lieu du gaz naturel comme source de chaleur à haute température pour produire de l’acier. « C’est un développement majeur pour l’industrie de l’acier. C’est la première fois que l’hydrogène est utilisé pour chauffer l’acier dans un environnement de production existant. Grâce à l’essai, nous savons que l’hydrogène peut être utilisé de manière simple et flexible, sans impact sur la qualité de l’acier, ce qui signifierait une très forte réduction de l’empreinte carbone », a commenté Göran Nyström, vice-président exécutif en charge du marketing et de la technologie chez Ovako.

Une première ? Pas vraiment. Il y a d’autres initiatives similaires, par exemple en Allemagne où Air Liquide fournit à Thyssenkrupp de l’hydrogène qui sera injecté dans les hauts-fourneaux du sidérurgiste allemand en substitution du charbon pour produire de l’acier bas-carbone. Pour sa part, ArcelorMittal a lancé un projet dans son usine de Hambourg (Allemagne),  où de l’hydrogène sera utilisé à échelle industrielle pour réduire le minerai de fer dans le processus de fabrication de l’acier. Une usine pilote sera d’abord construite pour démontrer cette réduction à l’hydrogène à échelle réduite, avec une production annuelle de 100 000 tonnes. Ce projet représente un investissement d’environ 65 millions d’euros. Par ailleurs, le groupe est impliqué dans le projet Siderwin, lancé en octobre 2017, et qui vise à développer un procédé de production d’acier neutre en CO2 en se basant sur la technologie de l’électrolyse. Une cellule pilote de grande taille doit être installée sur le campus de recherche d’ArcelorMittal à Maizières-lès-Metz et sera mise en route au 1er trimestre 2020.

Ovako, qui affirme avoir des émissions de CO2 bien en dessous de la moyenne du secteur*, estime que l’hydrogène pourrait les réduire encore de 20 000 tonnes par an.

*Selon l’Association mondiale de l’acier, l’industrie sidérurgique génère 7 à 9 % des émissions directes dues à l’utilisation généralisée de combustibles fossiles.