Il n’a pas encore été rendu public, mais il fait déjà parler de lui. Fin mars, l’ancien directeur de la stratégie de Faurecia, Hervé Guyot, a remis au gouvernement un rapport sur la compétitivité de l’industrie automobile en France et la relation entre donneurs d’ordres et sous-traitants. Selon l’Usine Nouvelle, qui a pu le rencontrer, « la France doit tirer parti de l’arrivée du véhicule électrifié ».

Celui qui est désormais senior advisor au sein du cabinet Oliver Wyman estime que d’ici à 2030, 20 % à 30 % des véhicules vendus seront à batterie électrique. « A un tel niveau de ventes, on peut considérer qu’il sera plus rentable de disposer de chaînes de production dédiées au véhicule électrique, et non plus produire les véhicules électriques sur les mêmes chaînes de production que les versions thermiques » (comme ce que fait par exemple actuellement le groupe PSA). Et le rapport de préciser que « sur les véhicules électriques, la part de la main d’œuvre est plus faible et le temps d’assemblage réduit par rapport au thermique. Par conséquent, les écarts relatifs de compétitivité qui pèsent sur les marges sont moins importants ». « C’est pourquoi il faut absolument localiser l’intégralité des véhicules électriques en France », plaide le document.

Le rapport Guyot évoque bien sûr la production locale des batteries, « qui sont des composants essentiels compte tenu de leur poids dans la valeur totale du véhicule », mais il parle également « des moteurs électriques, des onduleurs, de l’électronique de puissance et également des boîtes de vitesses pour les versions hybrides ». « Il est donc nécessaire d’accompagner fortement la recherche et développement et de pousser les acteurs à localiser en France une partie significative de ces chaînes de traction. C’est grâce au croisement entre les activités traditionnelles thermiques et ces nouvelles solutions que la France pourra bénéficier d’activités automobiles importantes en France dans le futur », détaille le consultant.

On découvre également dans cet article qu’Hervé Guyot croit beaucoup à l’hydrogène, « une solution, qui s’appliquera à plus long terme, aux poids lourds et aux véhicules plus haut de gamme tels que certains SUV, avec un démarrage estimé entre 2027 et 2030 », indique-t-il. « Il faut également se préparer à cette alternative à la batterie, qui a beaucoup de sens à mes yeux. Nous sommes bien partis en France, grâce à plusieurs de nos équipementiers comme Faurecia et Michelin, ainsi que Plastic Omnium. Côté constructeurs, ce sont les Asiatiques, Toyota et Hyundai en tête, qui sont les plus avancés sur le sujet. Mais nos deux constructeurs français commencent à regarder sérieusement le sujet », estime cet ancien de Faurecia.