
Après 7 ans d’efforts, Jean Foyer doit jeter l’éponge. Il a obtenu un brevet européen et pensait pouvoir contribuer à l’écosystème dans la Sarthe. Mais, il dit avoir manqué de soutien.
Hydrogen Today connaît le fondateur de Qairos. Nous l’avons croisé à de multiples reprises, notamment au Mans dans le cadre du forum sur l’hydrogène (devenu LMH2). Jean Foyer avait pour idée de produire de l’hydrogène par pyrolyse. Le procédé est bien connu, puisqu’il est utilisé par Haffner Energy avec un ressource issue de déchets de bois forestiers et que l’on chauffe pour obtenir un gaz de synthèse. Qairos souhaitait pour sa part utiliser du chanvre, réhabilitant au passage ce type de plantation bien connu dans la Sarthe. Grâce à ce procédé, il était possible de produire au choix du biométhane ou de l’hydrogène « vert ».
Sur le papier, le procédé avait tout pour plaire. Jean Foyer trouve même un terrain pour implanter l’usine à Trangé, dans la Champagne mancelle. Il procède à une levée de fonds et obtient une aide de la région. Qairos était prêt techniquement mais devait obtenir un accord de l’Etat à propos du tarif du gaz (qui est régulé). Et ce feu vert ne viendra jamais. Jean Foyer propose alors de se replier sur une usine plus petite et propose d’alimenter en hydrogène les bus du Mans. Mais, il n’y aura pas de suite.
Après Après deux millions d’euros investis – de la part de quatorze associés privés, des collectivités, de la BPI et d’emprunts bancaires – le fondateur de Qairos demande la liquidation judiciaire de son entreprise. Il dénonce « un manque de soutien en France pour l’innovation ».
Le plus rageant sans doute est que les productions alternatives à l’électrolyse sont désormais reconnues par l’acte délégué sur l’hydrogène de l’Europe. Et si l’on en croit Ouest France, qui cite Jean Foyer pour son article, la Chine s’intéresserait à la pyrolyse à partir de déchets.