
Dans une étude très franco-française, relayée par son média Big média, l’organisme estime que les champs d’application de l’hydrogène seront plus limités que prévu.
« Un faux départ à corriger » : tel est le titre de cette étude* dans laquelle Bpifrance fait part de ses convictions. « Le développement de l’hydrogène bas-carbone se fera sur certains secteurs industriels bien définis, loin des ambitions tout-azimut qui existaient il y a quelques années », peut-on lire. L’organisme écarte la mobilité routière, au vu de l’afflux massif des voitures électriques. Et ce, même pour la mobilité lourde, en raison du coût de l’infrastructure.
Un point qui étonnera sans doute les acteurs de la filière, notamment quand on voit ce qu’il se passe en Chine.
Le raffinage est à ce jour considéré comme le plus prometteur en France, car un cadre fiscal propice est déjà en place. La production de carburants durables pour l’aviation et le secteur maritime ont également un potentiel important, sous condition que les réglementations contraignantes et contestées qui leur sont appliquées restent en place.
D’autres débouchés sont possibles dans la chimie (notamment la production d’ammoniac) et la sidérurgie. Bpifrance note que des signaux positifs émergent (appels d’offres nationaux visant à apporter un soutien financier sur la durée, ouverture à l’électricité issue du nucléaire au niveau des aides européennes). Mais, l’imposition de quotas d’utilisation de produits « verts » sur les marchés aval sera probablement nécessaire.
L’étude aborde également le potentiel de l’hydrogène naturel. C’est une autre voie de décarbonatation qui pourrait être « très prometteuse, même si encore exploratoire ». Des flux d’hydrogène quasi-purs ont en effet été identifiés en certains points de la surface, en provenance du sous-sol. Mais pour l’heure, on ne dispose « d’aucune certitude sur les quantités disponibles et la viabilité économique de leur extraction », jugent les auteurs.
*Etude réalisée par Aurélien Bosio, chargé de mission Industrie verte et Sébastien Olinger, responsable sectoriel Energie à Bpifrance