L’hydrogène, le grand oublié du plan d’électrification du gouvernement

L’hydrogène, le grand oublié du plan d’électrification du gouvernement

Dans un communiqué, France Hydrogène salue des avancées utiles à court terme. Mais l’association pointe l’absence de toute mention de l’hydrogène, écartant de fait un maillon stratégique pour l’électrification et la résilience industrielle face aux chocs fossiles.

Pour Nicolas Brahy, le Président de France Hydrogène, « l’absence de mention de l’hydrogène est un angle mort majeur des premières annonces présentées par le Gouvernement ». Et de poursuivre ; « Un véritable plan d’électrification ne peut pas faire l’impasse sur ce levier clé d’électrification indirecte, indispensable pour sortir durablement de la dépendance aux énergies fossile. Outre son coût très élevé, cette dépendance fragilise le maintien de nos industries stratégiques »

Concrètement, l’hydrogène permet de faire de l’électrification indirecte. Il permet par exemple de remplacer le gaz naturel importé par de l’électricité française via l’hydrogène bas-carbone dans les raffineries et la fabrication d’engrais. C’est une alternative au pétrole importé avec des carburants de synthèse aérien et maritime. Et il peut aussi remplacer le charbon importé pour la fabrication de fer et acier propre.

Les projets hydrogène en développement en France représentent des volumes d’électricité significatifs : 24 TWh dès 2030-2032 et jusqu’à 60 TWh à horizon 2035, rappelle l’association; Soit, près des deux tiers des exportations actuelles d’électricité.

Des demandes sans grever le budget

France Hydrogène demande ka mise en place d’un mécanisme facilitant la contractualisation d’approvisionnement en carburants de synthèse pour l’aérien. L’association plaide aussi pour le rehaussement du quota hydrogène dans le mécanisme d’incitation à la réduction de l’intensité carbone des carburants (IRICC), de façon à être cohérent avec la stratégie nationale révisée. Cela permettrait de soutenir l’émergence de marchés pilotes bas-carbone, notamment dans les engrais en France et l’acier à l’échelle européenne.

En complément, France Hydrogène appelle à mobiliser les moyens déjà prévus dans le cadre de la Stratégie nationale hydrogène afin de soutenir les projets industriels stratégiques (acier, engrais, carburants de synthèse), sans nécessiter d’enveloppe budgétaire additionnelle.

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à propos de l'auteur

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Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. J'ai collaboré également à la newsletter de France Hydrogène. Et je suis aussi animateur de conférences et de forums dédiés à ce thème.

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