
Hydrogen Today a été contacté par le CSE* de Symbio, qui a rédigé un livre blanc. Un document de 14 pages qui permet de comprendre la situation au sein de l’entreprise. Il analyse la restructuration en cours et propose des pistes afin de pérenniser l’activité. Nous allons traiter cette initiative en plusieurs articles.
Quoi de mieux qu’un témoignage de l’intérieur pour savoir ce qu’il se passe chez Symbio et dans quel état d’esprit les salariés affrontent la restructuration en cours, suite au départ brutal de Stellantis ? Le document est instructif, à plus d’un titre. Mais, revenons rapidement sur quelques faits et chiffres.
Grâce à 350 millions d’euros de subventions publiques, l’entreprise a pu se doter de SymphonHy, la plus grande usine de piles à combustible d’Europe, à Saint-Fons près de Lyon. Techniquement, elle maîtrise toute la chaîne de valeur, avec le stack et les circuits de contrôle électronique.
Le site, d’une superficie de 26 000 m2, peut produire jusqu’à 50 000 piles par an avec une certification automobile. Sur le papier, tout se présentait bien car, en tant que client-actionnaire, Stellantis devait représenter 80 % des volumes lors des premières années. Symbio a donc rapidement adapté son outil à de la production de masse. Mais, dans les faits, le livre blanc souligne que les hypothèses de marché avaient été bâties sur « des prévisions extrêmement optimistes ». « Les scénarios initiaux anticipaient une montée en puissance rapide, avec des volumes significatifs et exponentiels entre 2025 et 2030 », peut-on lire dans le document.
Une désorganisation suite au retrait de Stellantis
Le retrait de Stellantis désorganise totalement l’entreprise. Pour répondre aux besoins du constructeur, Symbio avait donné la priorité à des piles de plus faible puissance, destinées aux véhicules utilitaires légers. Et le problème, c’est que le marché se réoriente vers des piles de plus forte puissance afin de pouvoir équiper les camions et les data centers. De plus, il y a un décalage dans le temps avec un horizon repoussé à 2028 ou 2030.
Le livre blanc aborde ensuite le plan de restructuration, qui se traduit par la suppression de près de 70 % des postes, représentant « une chute brutale et drastique de nos effectifs ». Un « choc » qui se double d’une moindre capacité d’investissement, la recherche étant concentrée sur un plus petit nombre de programmes.
Le document préparé par les représentants de salariés entend faire « une mise en perspective du projet en cours ». C’est ce qu’on voit dans notre prochain article.
*Comité social économique d’entreprise