
Suite au livre blanc publié par le CSE de l’entreprise, Hydrogen Today a voulu en savoir plus sur le climat interne. Et au cours de notre entretien avec un élu de cet organisme, voici ce que nous avons appris.
Disons le tout de suite nous n’avons pas eu affaire à un syndicat revanchard. D’ailleurs, le CSE de Symbio regroupe la CFDT et des élus sans étiquette. Lors de cet appel avec l’un de ces élus du CSE UES By Symbio, nous avons d’abord cherché à comprendre quelle était la vocation de ce livre blanc. Il apparaît que les salariés sont attachés à leur entreprise et souhaitent le succès de leurs piles NG1 et Gen3, dont la mise en production nécessite encore des phases de validation, de montée en maturité industrielle (TRL/MRL) et de sécurisation des coûts. La technologie répondra notamment aux enjeux de décarbonation des poids lourds et des centres de données.
Au fil de la discussion, il apparaît que l’ancienne direction n’a pas informé en temps réel ses salariés ni ses élus de ce qu’il se tramait.
Si les actionnaires ont été mis au courant au mois de mai, de façon officielle, les tractations ont commencé en fait bien plus tôt, avec un conciliateur. Et c’est suite à une audience au tribunal des activités économiques de Lyon que les élus du CSE ont appris que la direction était au courant dès début 2025 que Stellantis allait se retirer. En juin 2025, un mois avant l’annonce officielle* de l’arrêt par Stellantis de son programme hydrogène, l’ex-PDG Philippe Rosier, annonçait encore que le groupe confirmait son engagement, avec le lancement de la production (SOP : start of production)**. Il concédait toutefois dès 2024 des baisses de volumes, en raison d’un report en 2028 du programme concernant les pick-ups américain de Dodge RAM.
Choqué, cet élu du CSE fait part de son « incompréhension ». Il est d’autant plus amer que l’ancien PDG et quelques membres du comité exécutif sont partis en 2025 dans « des conditions très favorables », alors qu’une négociation est engagée dans le cadre du PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) et que les salariés sont pour l’instant moins bien traités que s’ils partaient de chez leurs actionnaires.
Tenir jusqu’en 2028 et l’arrivée des camions
Le contexte est difficile pour les salariés de Symbio. Le livre blanc des élus du CSE s’inscrit d’ailleurs dans la suite de celui qu’a publié en mars la CFE-CGC Métallurgie, en partenariat avec Sécafi. Un document de 32 pages qui plaide pour une stratégie industrielle cohérente en Europe et qui s’inquiète des plans de restructuration.
La seule lueur d’espoir est que Bercy souhaite que Symbio soit encore là en 2028. A cette date, les camions à hydrogène vont arriver et les piles du fabricant français apporteront une bonne réponse technologique.
*L’annonce a été faite par un communiqué le 16 juillet 2025. Les personnes qui travaillaient sur les utilitaires à l’hydrogène n’en ont été informées que trois semaines avant, alors qu’elles étaient en train de travailler sur l’appel à projet de l’Etat sur les utilitaires H2 (sur la période du 17 mai au 27 juin 2025).
**Le lancement était initialement prévu en juillet 2024