
Dans un document, les représentants des salariés* mettent en perspective le plan de restructuration en cours et font des propositions. C’est ce volet que nous abordons dans cet article.
Du côté de la direction, l’ambition du plan est de « faire émerger, à l’échelle européenne, des capacités souveraines de conception, d’industrialisation et de production de piles à combustible à hydrogène ». Pour sa part, le livre blanc s’interroge sur la cohérence. Il se demande si « le redimensionnement envisagé permet de préserver les compétences, les capacités d’innovation et le socle industriel indispensables à la poursuite de l’ambition initiale lorsque les conditions de marché se matérialiseront ».
Le CSE estime « qu’une réponse guidée principalement par l’urgence financière pourrait fragiliser durablement le projet industriel lui-même », C’est la raison pour laquelle il formule des propositions.
Diversification et production pour d’autres clients
Le livre blanc propose d’ajuster l’organisation proposée. Pointant des « lacunes et incohérences », il propose de garder 220 salariés au lieu des 175 prévus par la direction. Il s’agit ensuite de conserver les compétences clés. Les syndicats demandent aux actionnaires de s‘engager à réserver aux salariés restants « un package identique à celui négocié dans le cadre de ce plan social, dans l’optique de protéger les salariés en cas de nouvelles restructurations ». Une demande qui s’accompagne d’un souhait de « renforcer le dialogue social ».
Le document interpelle ensuite l’État et l’Union européenne, à qui il demande de poursuivre leur stratégie sur l’hydrogène. Les engagements devraient porter sur le prix de l’hydrogène, la présence d’infrastructures sur le territoire, un cadre réglementaire pour inciter à investir dans des véhicules bas carbone et des subventions.
Parmi les autres propositions, on note la volonté de diversifier les activités. « Les opportunités sur le marché fluvial, maritime et ferroviaire méritent d’être approfondies ». La dernière est sans doute la plus intéressante. Il s’agit de « valoriser notre outil industriel pour faire de notre usine un centre industriel au cœur de la filière hydrogène européenne ». « Nous pourrons mettre à disposition certains outils à d’autres acteurs de la filière en échange d’une facturation sous la forme de prestations de services et/ou de location », indique le livre blanc.
*dont le syndicat CFDT et des élus sans étiquette