L’Allemagne révise sa stratégie hydrogène

Allemagne stratégie hydrogène

Le gouvernement fédéral de l’Allemagne a mis à jour sa stratégie hydrogène, définie initialement en 2020. Si elle porte sur un certain nombre de points (production, transport, applications), on retiendra surtout que Berlin devra importer jusqu’à 70% de sa demande d’hydrogène pour espérer être neutre en 2045.

L’Allemagne donne la priorité à des secteurs industriels très polluants qui ne peuvent pas être électrifiés, tels que l’acier et les produits chimiques. Mais, elle veut aussi décarboner les transports. Afin de répondre à ces besoins, le plan de Berlin est de produire de l’hydrogène vert, à partir d’énergie solaire et éolienne. Et les objectifs de capacité d’électrolyse du pays ont été doublés pour atteindre 10 gigawatts (GW) en 2030, au lieu de 5.

Une production largement importée

Cependant, l’Allemagne devra importer environ 50 à 70 % de sa demande d’hydrogène, prévue entre 95 et 130 TWh en 2030. Le gouvernement fédéral se concentre déjà sur la coopération internationale avec des pays comme la Norvège, le Danemark, l’Autriche, l’Italie, le Canada et la Namibie. Il prévoit aussi des partenariats stratégiques avec l’Afrique du Sud et de l’Ouest, ainsi qu’avec l’Australie.

« Au lieu de s’appuyer sur le potentiel national pour la production d’hydrogène vert, la stratégie du gouvernement fédéral vise principalement les importations par bateau », commente Simone Peter, présidente de l’association allemande des énergies renouvelables.

Un facteur de pérennité pour l’industrie

Pour sa part, le Conseil national de l’hydrogène (NWR) a salué la mise à jour de la stratégie nationale. « L’hydrogène a une immense importance en termes de politique industrielle et technologique », a souligné la présidente de ce comité d’experts, Katherina Reiche. « Ce n’est qu’avec l’hydrogène que nous pouvons préserver les chaînes de valeur et veiller à ce que les industries clés restent en Allemagne ». Pour information, le Conseil national de l’hydrogène conseille le gouvernement fédéral en matière. Il est actuellement composé de 25 experts issus de l’économie, de la science et de la société civile. Sa présidente est directrice de Westenergie, une entreprise de services énergétiques appartenant au groupe Eon.

A noter que l’évolution de la stratégie allemande, tout comme le réalignement de feuilles de route (France, Suisse…) fera l’objet d’une table ronde lors de la plénière d’ouverture du forum Hydrogen Business for Climate le 3 octobre prochain.

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à propos de l'auteur

Laurent Meillaud

Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. Je collabore également depuis 2016 à la newsletter de France Hydrogène.

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