Vers une autoroute alpine de l’hydrogène

autoroute hydrogène

A l’initiative de la société Hympulsion et de la région AURA, en lien avec la société d’autoroute AREA, la SFTRF (tunnel du Fréjus) et le syndicat du Pays de Maurienne, un webinaire a été organisé pour présenter un projet de corridor pour développer la mobilité hydrogène dans les Alpes.

En matière de mobilité, il apparaît assez évident que l’hydrogène va se développer sur les camions. Et c’est une opportunité pour réduire la pollution dans les Alpes, tout en donnant un coup de fouet à l’infrastructure de recharge. 

D’un côté, il y a le réseau AREA* (qui fait partie du groupe APRR), qui couvre 429 kilomètres et fait le lien avec les tunnels du Mont-Blanc (par ATMB) et du Fréjus (par SFTRF). Ce qui permet d’assurer la continuité du réseau autoroutier français vers la Suisse et l’Italie. Et de l’autre, il y a le projet ZEV (Zero Emission Valley) de la région Auvergne-Rhône-Alpes qui prévoit d’implanter des stations à hydrogène. C’est là qu’intervient la société Hympulsion (lire notre dernier article) pour la maîtrise d’oeuvre de ce réseau. 

En combinant les efforts, l’objectif est de créer une autoroute alpine de l’hydrogène entre Lyon et Turin. Nom de code : projet Annhybal (en référence au général carthaginois Hannibal qui est venu combattre les romains). L’idée est de proposer une modulation tarifaire aux entreprises qui joueront le jeu de convertir leur flotte à l’hydrogène. Pour information, un aller-retour dans le tunnel du Fréjus coûte entre 300 et 600 euros selon le type de camions.

50 camions et un péage moins cher entre Lyon et Turin

Le projet porte sur 50 camions, avec 20 000 passages par an. Si chacun de ces camions fait au moins 230 aller-retour par an, l’opération permet de ramener le coût total d’opération inférieur à 120 % par rapport au Diesel. Et ce, sur une période de 7 ans. En échange, les partenaires s’engagent sur le prix des péages, celui de l’hydrogène et celui des camions (prix, entretien) de la part de constructeurs comme Iveco et Hyundai.

L’objectif est de recruter à présent les chargeurs et transporteurs via un appel à manifestation d’intérêt (AMI). Il est aussi de pouvoir faire acte de candidature auprès de l’ADEME dans le cadre de l’appel à projets écosystèmes hydrogène. L’Etat est au courant de cette initiative, a-t-on appris au cours de ce webinaire.

Pour plus d’infos, vous pouvez envoyer un mail à l’adresse suivante : annhybal@hympulsion.energy

*qui relie entre elles les principales métropoles rhônalpines, comme Lyon, Grenoble, Annecy, Chambéry ou Valence, et donne accès au premier domaine skiable du monde.

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à propos de l'auteur

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Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. Je collabore également depuis 2016 à la newsletter de France Hydrogène.

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