Honda ne renonce pas vraiment à l’hydrogène

Dans un article, les Echos annoncent que la marque japonaise va arrêter de produire la Clarity, son seul modèle à hydrogène dont il n’a écoulé que 2 000 exemplaires en 5 ans. Pour le moment, cette infirmation n’a pas été officialisée sur le site média du constructeur. Le quotidien économique titre « Honda remise sa berline hydrogène pour laisser place aux voitures électriques » et écrit que le constructeur « ne renonce pas totalement à la filière pile à combustible » (en citant un analyste).

On ne voit pas d’ailleurs pourquoi il y renoncerait. Lors d’une conférence de presse tenue le 23 avril dernier, le Président Toshihiro Mibe faisait clairement référence à l’hydrogène. Il disait vouloir voir sa compagnie jouer un « rôle proactif ». Comme d’autres, le constructeur japonais entend jouer la carte de plusieurs énergies, dont celle des carburants neutres en carbone et utilisant justement l’hydrogène.

Pour enfoncer le clou, rappelons que Honda vise 100 % de véhicules zéro émission à l’horizon 2040 (avec des seuils à 40 % en 2030 et 80 % en 2035). Et pour atteindre cet objectif, la marque compte à la fois sur l’électrique à batterie et la pile à combustible. C’est précisé clairement dans la feuille de route.

Constater l’échec de la Clarity ne veut pas dire que Honda renonce à l’hydrogène (c’est un raccourci classique que font les journalistes, surtout quand ils ne connaissent pas le sujet). On peut simplement souligner que la marque n’a pas rencontré le même succès que Toyota. Cela a été vrai dans l’hybride (l’Insight est sortie peu de temps après la Prius mais n’a pas eu le même impact) et aussi dans l’hydrogène.

Pour ceux qui l’ignoreraient, Honda a une coentreprise avec General Motors dans la pile à combustible. Et indépendamment de cette JV, la marque entend appliquer son savoir-faire en matière d’hydrogène dans le poids-lourd et pour des applications stationnaires.

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A propos de l'auteur

Laurent Meillaud

Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. Je collabore également depuis 2016 à la newsletter de France Hydrogène.

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