Hopium : l’interview-vérité d’un acteur en pointe dans l’hydrogène

A l’occasion d’une interview exceptionnelle, Hydrogen Today a pu réunir une partie de l’équipe de Hopium. L’entretien, d’une durée de 40 mn, a permis d’aborder de nombreux points. Une interview-vérité de Hopium donc, avec en particulier un accent sur la technologie liée à la pile à combustible, ainsi que sur les compétences techniques de la jeune société qui a su attirer des talents d’horizons très divers.

Le rendez-vous était attendu, de part et d’autre. A Hydrogen Today, qui se veut le reflet de la filière hydrogène, on s’en tient aux faits et on préfère donc aller chercher l’information à sa source. Et du coup, pour suivre le projet depuis le début (j’avais rencontré juste avant la création de Hopium, Olivier Lombard, le fondateur, qui m’a même emmené à bord de MissionH24), c’était une belle opportunité. Du côté de Hopium, où les médias « amis » se font plus rare, c’était l’occasion de montrer que, oui, le projet repose sur du concret. Et que, non, l’entreprise n’est pas un piège à subventions (elle en aurait d’ailleurs besoin).

L’affiche a réuni Sylvain Laurent, CEO ; Natan Lenain, Fuel Cell system architect ; Jérémy Hattenberger, Chief of modeling and simulation ; Julien Carrié, Chief of Body & Platform Engineering.

Une technologie qui a trois ans d’avance

Avec un esprit de compétition, l’équipe en entier essaie de démontrer qu’elle a sa place dans la mobilité hydrogène. La direction s’y emploie, en essayant de convaincre des partenaires financiers. Et il y a derrière une équipe d’ingénieurs, des talents qui viennent de l’automobile, de l’aéronautique et de bien d’autres univers. Ils ont cette particularité de bien connaître l’hydrogène. Ce savant cocktail a permis de développer une pile à combustible qui a trois ans d’avance sur la concurrence. Sur les 27 brevets déposés par l’entreprise, 16 concernent la pile.

La flexibilité d’Hopium et sa petite taille permettent donc d’adapter sa technologie aux contraintes de marchés tels que le bus, le camion, le bateau. C’est là où sont les besoins aujourd’hui et il n’y a pas tant de fournisseurs que cela pour répondre à la demande avec une pile modulaire. On a même appris que le stationnaire était aussi une voie de développement, en raison de nombreuses demandes dans ce domaine. Globalement, beaucoup d’industriels sont en contact avec Hopium… sauf dans l’automobile. En tout cas, pour le moment.

La Machina suivie par des Baby Hopium ?

Autre information à retenir : le projet de voiture n’est pas abandonné. L’entreprise a toujours pour ambition de développer une voiture à hydrogène, une berline de sport dans la catégorie mid-luxury. Elle embarquera une pile de 200 kW, d’une taille compacte, et permettra de parcourir 1 000 km grâce au stockage de 9 à 9,5 kilos d’hydrogène. Et au-delà de la Machina, l’objectif est de proposer des véhicules de taille inférieurs et donc plus accessibles. La démarche n’est pas sans rappeler celle de Tesla, qui est un exemple d’inspiration pour Olivier Lombard.

En conclusion, les ingénieurs ont envie de se battre pour montrer que leur technologie est valable et faire ainsi taire la violence inouïe des commentaires sur les réseaux sociaux.

Quant au CEO, Sylvain Laurent, il se montre confiant pour la suite. Il remercie au passage la région Normandie pour son soutien.

Vous pouvez retrouver ici notre premier article consacré à Hopium. Et ici l’un des derniers. Sinon, notre interview de l’ancien PDG de Hopium, Olivier Lombard, est à retrouver ici.

L’entretien très attendu d’aujourd’hui est, quant à lui, accessible ici.

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à propos de l'auteur

Laurent Meillaud

Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. Je collabore également depuis 2016 à la newsletter de France Hydrogène.

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