L’hydrogène au coeur du couple franco-allemand

Lors du Conseil des ministres franco-allemand, qui s’est tenu dimanche, Emmanuel Macron et Olaf Scholz ont évoqué leur vision commune à propos de l’hydrogène.

Dans une déclaration conjointe, visible sur le site de l’Elysée, la France et l’Allemagne ont d’abord confirmé leur volonté de monter un groupe de travail conjoint de haut niveau sur l’énergie, réunissant le ministère français de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires et le ministère allemand fédéral de l’Économie et de la Protection du climat, et plus particulièrement la mise en place d’un groupe de travail conjoint sur l’hydrogène qui livrera d’ici fin avril des conclusions et recommandations sur les choix stratégiques à opérer en matière de développement de l’hydrogène.

Dans le respect des différences entre leurs productions énergétiques nationales, les deux pays vont élaborer « une feuille de route stratégique commune visant à développer une production de l’hydrogène à grande échelle et à bâtir un marché européen de l’hydrogène résilient reposant sur la solidité de la production locale et la durabilité des importations nécessaires ». Signe de la réconciliation entre Paris et Berlin sur le nucléaire, ils veilleront à ce que « l’hydrogène renouvelable et bas-carbone puisse être pris en compte dans les objectifs de décarbonation fixés sur le plan européen, tout en restant conscients des différences existantes et en préservant le niveau d’ambition global des objectifs en matière d’énergies renouvelables ».

Par ailleurs, la France et l’Allemagne comptent prendre également « les mesures nécessaires pour instaurer un cadre européen pour le transport d’hydrogène dans toute l’Europe, comprenant les infrastructures nécessaires aux niveaux national et transnational, notamment la connexion et l’extension des infrastructures existantes et projetées ». Le communiqué fait référence au projet d’hydrogénoduc H2Med entre Barcelone et Marseille, qui sera donc prolongé jusqu’en Allemagne en coopération étroite avec les partenaires concernés. « C’est un point crucial pour l’Allemagne, qui prévoit d’importer une grande partie de son hydrogène décarboné, faute de nucléaire et de capacités renouvelables suffisantes sur son territoire », pointe le texte.

A noter que les deux pays ont l’intention de « créer conjointement une plateforme de dialogue franco-allemande portant sur les infrastructures en matière de recharge des batteries et de ravitaillement en hydrogène ».

Toutefois, il reste un point dur à régler : celui de la réforme du marché de l’électricité. La France veut découpler les prix du gaz et ceux de l’électricité sur les marchés de gros, ce que l’Allemagne refuse. « La négociation qui s’ouvre à Bruxelles avec les autres Etats-membres s’annonce dure », peut-on lire sur cette déclaration commune.

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à propos de l'auteur

Laurent Meillaud

Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. Je collabore également depuis 2016 à la newsletter de France Hydrogène.

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