Une décision surprenante des eurodéputés

Mercredi, le Parlement Européen a adopté un amendement qui permet d’inclure le gaz et même le charbon dans l’électricité qui permettra de faire de l’hydrogène renouvelable.

Le texte suscite la polémique. Et il y a de quoi. L’amendement proposé par l’Allemand Markus Pieper (CDU) est d’ailleurs passé de justesse à trois voix près. Il allège considérablement les règles de certification de l’hydrogène renouvelable ou vert, en incluant le gaz et même le charbon dans les sources permettant de produire en Europe l’électricité nécessaire à l’électrolyse. C’est une position qui nuit à la crédibilité de l’hydrogène, présenté par la Commission comme une solution idéale en faveur du climat. Par ailleurs, ce texte prévoit que les règles européennes ne s’appliqueront pas aux importations venant de l’extérieur de l’UE, ce qui constitue un second coup de canif.

« Le Parlement est allé un peu trop loin dans l’ouverture des vannes et la suppression des garde-fous », réagit l’association France Hydrogène dans La tribune. Dans Marianne, l’expert en géopolitique Mikaa Mered livre son analyse : « L’objectif de Berlin est avant tout d’atteindre, à l’échelle de l’UE, 20 millions de tonnes d’hydrogène par an en 2030, quitte à maintenir une partie de la production de gaz ou de charbon ». Et d’ajouter : « La France risque de se trouver dans une position minoritaire alors qu’une majorité de pays penche pour la position allemande. Paris milite pour prévoir des critères environnementaux stricts ».

Que va dire la Commission, qui ne semblait pas goûter la demande faite par la France d’intégrer le nucléaire dans le mix prévu pour l’hydrogène vert ? Le vote obtenu par l’Allemagne paraît bien plus impactant pour la filière.

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A propos de l'auteur

Laurent Meillaud

Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. Je collabore également depuis 2016 à la newsletter de France Hydrogène.

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