L’hydrogène est inévitable dans le transport aérien selon l’alliance HIA en Grande-Bretagne

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L’hydrogène est inévitable dans le transport aérien selon l’alliance HIA en Grande-Bretagne

Selon l’alliance Hydrogen In Aviation, qui comprend notamment Airbus, Easyjet, Rolls -Royce et d’autres partenaires, les SAF ne sont qu’une phase transitoire. Et l’hydrogène jouera un rôle important, en débutant par des vols courts.

Créée en septembre 2023, outre-Manche, la HIA regroupe divers acteurs comme Airbus, easyJet, GKN Aerospace, Ørsted, Rolls-Royce, ZeroAvia, ainsi que l’aéroport de Bristol. Elle vient d’ailleurs de publier un récent rapport d’activité qui propose une feuille de route aux autorités britanniques. L’alliance HIA a aussi exprimé ses vues sur le développement de l’hydrogène dans un article publié par le site de l’Institution Of Mechanical Engineers, une organisation qui regroupe 114 000 membres dans 140 pays.

Dans ce papier, il est stipulé dès le départ qu’il n’y a pas de solution miracle. Aujourd’hui, on parle beaucoup des carburants durables (les SAF, qui peuvent être issus de biocarburants ou obtenus à partir d’hydrogène et de CO2). Ils sont disponibles sous forme de mélange à 50 % et passeront à 100 % à la fin de la décennie. Mais leur part ne sera que de 6 % en Europe en 2030 et de 10 % en Grande-Bretagne.

Airbus va faire son choix en 2025

S’agissant de l’hydrogène, il peut être transformé en courant électrique par une pile à combustible, ou bien utilisé directement comme carburant. C’est l’option choisie par exemple par Rolls-Royce, à travers son démonstrateur Ultrafan. Et les deux technologies ont leur place. Tout le monde attend de savoir ce que va décider Airbus, qui continue à évaluer les deux options. Dans l’article, Solange Baena-Zambrana – qui représente l’avionneur au Royaume-Uni – indique que le choix sera fait en 2025 et qu’un programme sera ensuite lancé entre 2026 et 2028 pour concrétiser la vision d’un avion à hydrogène en 2035.

Quel que soit le mode de propulsion, le challenge sera d’approvisionner les aéroports en hydrogène (gazeux ou liquide). Par exemple, l’aéroport de Heathrow aura besoin à lui seul de 1300 tonnes d’ici 2040. Ce qui n’est pas sans poser des problèmes en matière de production et de stockage. Mais c’est exactement pareil pour les SAF.

Les premiers vols courts attendus en 2026

En fait, les acteurs de l’aviation veulent de la part des décideurs une meilleure reconnaissance de l’hydrogène, qui doit être placé au même niveau que les SAF. Et il y aura besoin de subventions.

Pour Jane Ashton, directrice du développement durable chez easyjet*, il y a des raisons d’espérer. « Il y a 5 ans, l’hydrogène n’était pas pris en compte dans l’aviation, alors qu’il est sur la table aujourd’hui ». Et surtout, elle pointe les acteurs qui travaillent sur des avions régionaux à l’hydrogène et seront prêts bien avant les gros. L’article fait mention de ZeroAvia, mais aussi de H2Fly et de Universal Hydrogen. Il cite également Cranfield Aerospace qui travaille sur une solution basée sur la pile et vise 2026. C’est demain.

*qui travaille sur le projet FlyZero

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à propos de l'auteur

Laurent Meillaud

Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. Je collabore également depuis 2016 à la newsletter de France Hydrogène.

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