Importations : l’apport de France Hydrogène à travers une note d’analyse

Importations : l'apport de France Hydrogène à travers une note d'analyse
Importations : l’apport de France Hydrogène à travers une note d’analyse

À l’occasion du salon Hyvolution, France Hydrogène a pris la parole sur les importations d’hydrogène. Et l’association a publié un document qu’on peut consulter sur son site. Ce n’est pas un avis, mais une aide à la réflexion et la prise de décision.

Sous le titre « Enjeux et défis des importations d’hydrogène et de ses dérivés en France », cette note permet d’évaluer l’impact des importations par rapport à la production nationale, en 2030 et 2040. Ce document est le fruit d’une méta-analyse des rapports publiés sur le sujet par plusieurs organisations faisant référence dans leur domaine, dont l’Hydrogen Council, IRENA, le Centre de recherche commun de la Commission européenne (JRC), Deloitte ou encore l’institut de recherche allemand Fraunhofer.

Il est bien précisé que ce n’est « pas une note de position de France Hydrogène » et qu’elle « ne formule pas de recommandations ».

Pas pour tout de suite

En préambule, il est important d’énoncer que rien ne se produira avant 2030, dans le meilleur des cas. « Au niveau mondial, seuls trois projets d’exportation de molécules ont atteint le stade de la décision finale d’investissement », peut-on lire. Ainsi, le projet NEOM en Arabie Saoudite, le projet Green Hydrogen and Chemicals SPC à Oman et l’usine de CF Industries à Donaldsonville aux États-Unis sont les plus avancés. Selon l’AIE, plus de 75 % des projets d’exportation annoncés à 2030 ne sont encore que des « concepts » sur lesquels un développeur de projet communique sans savoir si le projet est faisable. Les pays d’Afrique du Nord et, dans une moindre mesure, du Moyen-Orient, seraient les mieux positionnés pour fournir d’importants volumes de molécules décarbonées au meilleur prix aux pays européens, d’après la majorité des études référencées. Mais, le déploiement de projets dans ces pays comprend de nombreux défis à relever.

Au passage, il faut signaler que l’Europe risque d’être en compétition avec le Japon et la Corée du Sud pour capter les volumes d’exportation disponibles en provenance du Moyen-Orient.

Les échanges en Europe vont se développer

Selon la note de France Hydrogène, le développement d’une infrastructure de transport d’hydrogène intra-européenne apparaît plus accessible que des approvisionnements extra-européens, en raison de l’existence de zones de production et de consommation plus proches, avec des niveaux de certitude plus élevés. Il serait donc possible d’utiliser ces infrastructures gazières à pleine capacité, « à condition naturellement que ce réseau de gazoducs soit rendu disponible pour un tel marché ».

Il parait « très probable » que l’Allemagne capte une grande partie de ces flux du fait de son niveau de demande très supérieur à celui des autres pays (2 à 3 fois celle de la France à date), et parce que la production domestique allemande est nettement moins compétitive que celle de la moyenne des pays européens. L’Hexagone serait plutôt un pays de transit, ce qui lui donnerait la possibilité de mutualiser les infrastructures de la dorsale européenne pour connecter ses propres bassins de consommation et de production.

En résumé, aucun « élément tangible » n’indique que la compétition des importations d’hydrogène extra et intra-européennes « menacerait la viabilité d’une production domestique française ». Les importations permettraient « au contraire » de diversifier les modalités d’approvisionnement de l’économie hydrogène française et de relâcher une partie de la pression sur la disponibilité des énergies primaires et du foncier.

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à propos de l'auteur

Laurent Meillaud

Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. Je collabore également depuis 2016 à la newsletter de France Hydrogène.

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