La région Centre-Val de Loire se dote d’une feuille de route sur l’hydrogène

Le 18 février, une feuille de route sur l’hydrogène a été présentée et adoptée en session plénière du conseil régional à Orléans. Ce document fait suite à une étude présentée par Omexom, Seiya Consulting et Element Energy qui a identifié les acteurs* (au nombre de 220) de la filière locale et les écosystèmes existants. Leur présence est assez homogène sur le territoire, même si elle s’articule essentiellement autour des grandes villes que sont Tours, Orléans, Blois, Châteauroux, Bourges et Chartres.

La feuille de route contient 5 axes et 26 mesures.

Les principaux piliers s’articulent autour d’une gouvernance locale (avec un comité Hydrogène au Centre, une mission d’animation de la filière et un lien avec la délégation régionale de France Hydrogène), une production locale d’hydrogène vert (en s’appuyant notamment sur des projets locaux comme Hysoparc et Méthycentre en Touraine, Hyber à Châteauroux et en apportant des financements issus de l’Europe via le FEDER, de l’ADEME ou la région) et en favorisant les usages (inciter les énergéticiens, les logisticiens et les gestionnaires de parcs à passer à l’hydrogène vert ; déterminer un schéma de stations d’avitaillement ; participer à des groupements d’achat ; tisser des liens avec les régions concernées pour participer aux AAP en lien avec les TER et les autocars ; soutenir la méthanation et la méthanisation en complément des énergies renouvelables).

La région souhaite également utiliser ses compétences pour favoriser le passage à l’hydrogène (test d’un train H2 sur la ligne Tours-Loches ; sortie du Diesel en 2028 pour les autocars de transport scolaire ; renouvellement de la flotte du conseil régional par des véhicules à hydrogène ; retrofit ; recours à la pile à combustible dans les lycées ; intégration de l’hydrogène dans les formations) et agir au niveau de la recherche.

Selon l’étude sur la filière H2 au Centre, plusieurs sources d’énergie peuvent jouer un rôle. C’est le cas des EnR, avec une ferme solaire prévue sur la Communauté de Communes Romorantinais et Monestois, ou encore le champ éolien de 200 mâts à proximité de la zone de Artenay-Poupry. Mais, il y aussi un potentiel pour la biomasse (avec la thermolyse et la pyrogazéification du bois) et les réserves de gaz (méthanation, méthanisation). Et, dans la mesure où le Centre Val de Loire est une zone de connexion, les usages se feront autour de la mobilité lourde (bennes à ordures, camions, bus). Un écosystème autour de FM Logistics vise par ailleurs à intensifier l’utilisation de chariots-élévateurs à l’hydrogène (projet H2HUB).

Le Centre Val de Loire s’intéresse depuis quelques années à l’hydrogène. En 2016, dans le cadre du plan Hulot, la Région a été labélisée « territoire d’hydrogène » par le ministère de l’écologie à travers la valorisation du projet VELHYRE qui consiste à déployer le vélo à hydrogène sur l’itinéraire touristique de la Loire à vélo. Le 17 mai 2018, au lycée Descartes à Tours, en partenariat avec le Pôle S2E2, le CEA, STORENGY, DEV’UP, l’AFHYPAC2 et l’association BERHY, la Région a coorganisé le colloque « hydrogène au centre – de l’écosystème de projets à la structuration de la filière hydrogène régionale » » 105 participants ont pu s’informer sur les perspectives de développement de l’hydrogène. À l’issue, un réseau régional « hydrogène au centre » s’est constitué, réseau animé par l’association BERHY. Depuis 2007, la Région a financé plusieurs projets de recherche sur le thème de l’hydrogène mais aussi l’installation en 2008 d’une pile à combustible au lycée Martin Nadaud de Saint Pierre des Corps. La Région a inscrit dans les priorités du FEDER 3,5 M€ pour l’hydrogène au titre de la programmation 2014-2020 et souhaite porter ce montant à 6,4 M€ pour la programmation 2021-2027.

Avec des actions planifiées jusqu’en 2030, la feuille de route hydrogène va contribuer aux objectifs climatiques de la région, qui veut réduire de 43 % la consommation d’énergie en 2050 par rapport à 2014 et couvrir les besoins à 100 % avec des énergies renouvelables ou de récupération.

*Avec des acteurs industriels comme Raigi (réservoirs), Plastivaloire (plaques bipolaires) , Borgwarner (moteurs à combustion utilisant de l’hydrogène), Powidian (stations autonomes), des labos de recherche comme le CEA, CRESIT, CNRS et des énergéticiens comme Storengy.

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à propos de l'auteur

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Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. Je collabore également depuis 2016 à la newsletter de France Hydrogène.

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