L’hydrogène écarté d’emblée du rapport du Shift Project sur l’automobile décarbonée

En prévision d’un rapport plus complet en février 2027, le think tank fondé par Jean-Marc Jancovici a présenté hier un premier document d’étape. Bien qu’amendable, ce rapport préliminaire ne prend en compte que la batterie et écarte l’hydrogène, ainsi que les e-fuels.

C’est un rapport de près de 200 pages que l’on peut consulter ici. Et il a fait l’objet hier d’un webinaire de présentation. Sans surprise, le Shift Project encourage l’utilisation de la voiture électrique qu’il juge plus pertinente que l’hybride rechargeable. A notre sens, les hypothèses de déploiement sont très (trop ?) optimistes, avec l’un des scénarios qui prévoit jusqu’à 100 % des volumes pour les voitures neuves en 2035.

Certes, des crises comme la guerre en Iran peuvent précipiter l’adoption du VE. Mais nous avons également été surpris d’entendre les experts parler d’interdiction du moteur thermique alors que, précisément, l’Europe a fait machine arrière dans ce domaine (sous réserve d’utiliser des carburants neutres en carbone et de l’acier vert).

La question des e-fuels a bien été abordée, mais pour dire aussitôt que les carburants obtenus à partir d’hydrogène et de CO2 devaient être réservés à l’aviation et n’avaient pas d’avenir pour la mobilité routière. Et une question sur l’hydrogène a généré un avis très tranché sur le fait que l’industrie auto avait tranché sur l’électrique, et que – sauf surprise – on ne verrait pas de véhicules à hydrogène.

Les représentants de la filière n’ont pas été consultés

« La mobilité hydrogène a été très vite balayée et mérite davantage de considération quand on sait que la France a mis à la route la plus grande flotte de taxis zéro émission au monde avec 800 véhicules électriques propulsés à l’hydrogène », a réagi sur LinkedIn Anne Caron, en charge du Développement Commercial chez Hysetco. Elle souligne que ces « véhicules plus légers que des BEV » revendiquent 650 km d’autonomie et un plein qui se fait en 3mn en station. C’est « parfait pour des usages intensifs ou quand l’IRVE pose souci », poursuit-elle. Et quant aux stations (qui soi disant n’existent pas, selon le Shift Project), « le maillage territorial des stations H2 est un des enjeux majeurs dans cet écosystème encore jeune et ça avance dans la bonne direction », toujours selon Anne Caron.

Précisons que la liste des personnes consultées pour ce rapport ne contient aucun nom en lien avec la filière H2.

Par contre, l’hydrogène figure en bonne place dans les énergies alternatives pour le sport automobile. Ce volet fait aussi des travaux présentés hier. Et les initiatives mises en place par l’Automobile Club de l’Ouest en vue de 2030 et Extreme H sont bien prises en compte. Le moteur à combustion H2 permet justement de concilier passion et compétition responsable.

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à propos de l'auteur

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Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. J'ai collaboré également à la newsletter de France Hydrogène. Et je suis aussi animateur de conférences et de forums dédiés à ce thème.

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