
L’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques a pris la parole ce matin pour appeler à une meilleure prise en compte de l’hydrogène naturel, pour des raisons de souveraineté et de compétitivité.
Cet office, qui regroupe l’Assemblée Nationale et le Sénat, a publié une note à propos de l’hydrogène natif. Il s’agit d’une note scientifique rédigée par Michael Weber, sénateur socialiste de la Moselle, et Gérard Leseul, député socialistes et apparentés de Seine-Maritime. Ils ont consulté les principaux acteurs de la filière (pôle Avenia, Mantle 8, IFPEN, DGEC…) et sont allés visiter le site de forage de Pontpierre (Moselle) de la Française de l’Energie. Et suite à ces travaux, les deux parlementaires ont tenu une conférence de presse.
Pour le replay, c’est par ici.
Michael Weber et Gérard Leseul estiment que l’hydrogène natif a un rôle à jouer dans le mix énergétique, car il est présent potentiellement dans notre sous-sol. Et il serait a priori très compétitif, avec un coût d’exploitation entre 50 centimes et 1 euro le kg (hors transport). Seulement, il faut 18 mois pour décrocher un permis contre 3 à 6 mois en Allemagne. Et il faut agir vite, car les Etats-Unis, l’Australie et la Chine accélèrent. Il faut donc passer de la parole aux actes.
L’OPECST formule donc 6 recommandations. La première est de sensibiliser les décideurs, avec un récit du sous-sol à organiser. La seconde est de consacrer 10 millions d’euros à un programme de recherche pluridisciplinaire, à la fois sur l’hydrogène et l’hélium (avec pour objectif de pouvoir lancer un ou deux forages profonds). La troisième proposition est de sanctuariser la présence de la France dans les travaux de recherche internationaux. La quatrième proposition est de proposer une avance remboursable de 10 millions pour financer des forages profonds, dès lors qu’un programme de recherche public y est associé.
Par ailleurs, l’OPECST veut faire avancer le droit minier. Il s’avère que les données sismiques ne sont pas très faciles d’accès. Et il s’agit surtout d’accélérer la procédure pour les permis.
Enfin, les deux parlementaires appellent à soutenir l’hydrogène naturel. Il ne remplacera pas le pétrole, le gaz et les énergies renouvelables. Mais, il peut constituer une brique essentielle. L’ambition est de pouvoir convaincre également l’Europe d’intégrer l’hydrogène naturel au sein de sa stratégie, à l’occasion d’une révision en 2027.