J’ai roulé avec le moteur hydrogène de Borgwarner

A l’occasion de la journée de la SIA (Société des Ingénieurs de l’Automobile) sur les moteurs à hydrogène, à Orléans, Hydrogen Today a pu faire un petit tour avec le démonstrateur de l’étape.

Borgwarner, c’est le régional de l’étape. Implanté à Blois, et collaborant avec le laboratoire Prisme d’Orléans, l’équipementier américain joue un peu à domicile. Il est donc venu avec son véhicule de démonstration, qui est un Citroën Jumpy fourni par Stellantis. Détail anecdotique : c’est un modèle avec conduite à droite. Les équipes ont modifié le moteur d’origine qui est un HDI 2 l de 150 chevaux. Il a fallu modifier le piston et la culasse et convertir à l’essence ce moteur Diesel avec le contrôle électronique qui va avec et une bougie d’allumage au lieu de celle de préchauffage. Cela peut sembler étrange, mais la volonté était de montrer que c’était possible d’adapter un moteur de ce type à l’injection directe d’hydrogène.

Borgwarner a également implanté une bombonne d’hydrogène stockant le carburant gazeux à une pression de 350 bars. Avec 9 kg, le véhicule est en mesure de parcourir 300 km. Il ne faut pas oublier que c’est un gros utilitaire, avec une prise au vent qui n’en fait pas un modèle d’efficience aérodynamique.

L’hydrogène est injecté à une pression de 30 bars dans les cylindres. C’est bien moins que les 300 bars de l’injection Diesel. Au niveau du ressenti, l’utilitaire devient nettement moins bruyant. Il fait en fait le bruit d’un modèle à essence, mais avec une consommation moindre. Il y a aussi moins de vibrations et les claquements ont disparu.

Si un constructeur souhaite se lancer dans la voie du moteur H2, il faudrait partir sur la base d’un moteur à essence et remplacer simplement les injecteurs par des injecteurs H2, explique-t-on chez Borgwarner. Quant au stockage de l’hydrogène, il se ferait sous pression à 700 bars et avec une meilleure intégration pour doubler l’autonomie.

Pour le moment, Borgwarner en est simplement au stade du démonstrateur. Mais, le site de Blois – qui est centre d’excellence mondiale pour le groupe – a tous les atouts pour accompagner les industriels.

Notre dernier article sur la conférence de la SIA est à retrouver ici.

Cet article vous a plu ? Partagez-le !

à propos de l'auteur

Laurent Meillaud

Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. Je collabore également depuis 2016 à la newsletter de France Hydrogène.

Nos derniers articles

2