Par la voix de son Président Hervé Morin, hier à Cherbourg, la région Normandie a annoncé  sa volonté d’investir 15 millions d’euros dans le développement de l’hydrogène. C’est un investissement prévu sur 5 ans. Le conseil régional capitalise sur une expérience initiée par le département de la Manche, qui avait inauguré en 2015 la première flotte de véhicules fonctionnant à l’hydrogène en France. La région vise le développement d’un « hydrogène vert » – c’est-à-dire fabriqué par électrolyse de l’eau avec de l’électricité renouvelable – grâce à son potentiel dans l’éolien offshore et l’hydrolien, selon l’ancien ministre.

La Normandie a certes « pris du retard » dans l’objectif annoncé en 2015 par l’ex-Basse-Normandie, alors PS, d’ouvrir 15 stations à hydrogène d’ici à fin 2018 puisque une seule station prévue par ce plan,, a été ouverte, à Rouen, a reconnu Julien Brunet, de la société Symbio, chargé de ce projet. L’objectif est repoussé à mi-2019, a ajouté M. Brunet, attribuant le retard notamment à la fusion des deux Normandie. La question est de savoir si « il y a des agglomérations prêtes à se lancer », a commenté M. Morin.

« Nous avons à bâtir la même chose dans les ports, notamment à Ouistreham puisque Brittany Ferries a commandé un bateau qui aura une propulsion en partie à hydrogène », a ajouté le centriste. Le plan prévoit aussi de soutenir un projet de bateau de pêche avec propulsion à hydrogène à Cherbourg. La construction doit débuter début 2019 et durer trois ans, selon les chantiers Allais, pilote du projet. « Et nous avons indiqué à la SNCF que nous étions disponibles pour une expérimentation hydrogène sur le rail », a ajouté M. Morin. Mi-septembre, Alstom a lancé en Allemagne le premier train à hydrogène au monde.

La flotte du département de la Manche compte aujourd’hui 17 véhicules à hydrogène. Et 10 vélos électriques à hydrogène ont également été mis en service par les collectivités à Saint-Lô et à Cherbourg fin 2017 et dans les mois qui ont suivi.