Plastic Omnium à fond sur l’hydrogène

L’équipementier automobile français organisait cet après-midi un webinaire pour réaffirmer sa stratégie dans le domaine de l’hydrogène. Alors qu’il a déjà engagé plus de 200 millions d’euros depuis 2015, il prévoit d’en débourser 100 de plus par an dans les prochaines années. En 5 ans, le Groupe a pu se doter de moyens de recherche et développement en Europe et en Chine, de réaliser des acquisitions ciblées avec Optimum CPV (réservoir hydrogène) et Swiss Hydrogen (système hydrogène intégré) et de constituer un écosystème d’Open Innovation (Venture Capital avec AP Ventures, Hydrogen Council…) pour accroître son expertise sur chacun des segments de l’hydrogène.

Plus récemment, PO a annoncé la création, avec l’équipementier allemand ElringKlinger, de la co-entreprise, EKPO Fuel Cell Technologies, spécialisée dans la pile à combustible, et l’acquisition de la filiale d’ElringKlinger en Autriche, spécialisée dans le système hydrogène intégré. Ces 2 opérations, pour un montant de 115 millions, viennent compléter l’offre de Plastic Omnium. Elles lui permettent de prendre une avance technologique et industrielle majeure en étant aujourd’hui le seul acteur à proposer une offre complète sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’hydrogène, constituée de 3 segments – les réservoirs hydrogène, la pile à combustible et le système hydrogène intégré.

Une ligne de production de réservoirs hydrogène vient d’être mise en service en Belgique pour livrer les premiers contrats de bus et de camions dès 2021 et la co-entreprise EKPO dispose d’une capacité annuelle de 10 000 piles à combustible dans son usine allemande.

Le Groupe vise, en 2030, 25 % de parts de marché sur les réservoirs à hydrogène, entre 10 et 15 % sur la pile à combustible et 10 % sur le système hydrogène intégré. La compétitivité de l’offre Plastic Omnium passera par une réduction des coûts de la technologie sur chacun des 3 segments :
– Sur les réservoirs hydrogène, le Groupe vise une baisse de 30 % sur les coûts d’ici à 2030 ;
– Sur la pile à combustible et le système hydrogène intégré, l’objectif est de diviser par 5 le coût sur la même période.

Ces réductions significatives de coûts seront possibles notamment grâce à l’automatisation des procédés industriels, à l’effet volume et à l’optimisation du design et des matériaux (moins de fibre de carbone, moins de métaux précieux). D’ici 2030, le coût total du système hydrogène pour un véhicule particulier sera de l’ordre de 6 000 à 8 000 euros, rendant ainsi la technologie accessible à un marché de masse.

L’ambition pour 2030 est de réaliser 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans un marché d’au moins 2 millions de véhicules.  Il sera déjà de 200 000 véhicules en 2025. Selon PO, le marché des bus, camions et véhicules utilitaires se développera d’abord, puis viendra le marché du particulier. Ils représenteront respectivement 500 000 et 1,5 million de véhicules en 2030. D’un point de vue géographique, l’Asie représentera le 1er marché en 2030 avec 75 % des véhicules hydrogène, suivie par l’Europe et l’Amérique du Nord. Dans ce marché, Plastic Omnium vise un chiffre d’affaires d’environ 300 millions d’euros en 2025 et 3 milliards d’euros en 2030.

Les prochains investissements, directement ou via la co-entreprise EKPO Fuel Cell Technologies, permettront d’avoir une présence industrielle dans toutes les régions, avec une quinzaine de lignes de production déployées d’ici à 2030 dans des sites existants ou dans des nouvelles usines.

Le Groupe a également le projet de créer un grand Pôle Hydrogène dans le centre de R&D d’α-Alphatech (Compiègne), dans lequel une centaine d’ingénieurs vont venir renforcer les équipes déjà
composées de 500 personnes, et où près de 30 millions d’euros seront investis dans des équipements de laboratoire et de recherche dans les 2 à 3 prochaines années.

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A propos de l'auteur

Laurent Meillaud

Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. Je collabore également depuis 2016 à la newsletter de France Hydrogène.

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