
En ligne avec le rapport Draghi, la loi sur l’accélérateur industriel conditionne les aides et les marchés publics à des produits et technologies bas carbone qui proviennent d’Europe. Hydrogen Europe salue un premier pas, mais pointe un manque d’ambition.
Le texte était surtout attendu par le secteur automobile, car l’industrie réclame une part de contenu local afin de se protéger contre les batteries en provenance d’Asie, et globalement contre des véhicules subventionnés par la Chine.
Finalement, ces exigences s’appliqueront uniquement aux seuls véhicules électrifiés (voitures électriques à batterie, hybrides rechargeables et véhicules à hydrogène), et seulement lorsqu’ils sont achetés dans le cadre de marchés publics ou bénéficient d’aides publiques. Dans ce cas, le véhicule devra être assemblé dans l’Union Européenne et comporter au moins 70 % de la valeur des composants d’origine européenne. Les batteries font l’objet d’exigences spécifiques et progressives.
L’acte vient compléter le paquet «automobile» adopté le 16 décembre 2025.
Des quotas d’acier vert
En ce qui concerne les technologies « net zero », la législation introduit des exigences «Made in EU» pour les batteries, les systèmes de stockage de l’énergie par batterie, l’énergie solaire photovoltaïque, les pompes à chaleur, l’énergie éolienne, les électrolyseurs et les technologies nucléaires. En ce qui concerne l’acier, la loi propose des préférences spécifiques à faible émission de carbone pour créer la demande du marché. Hydrogen Europe demande à ce propos des quotas supérieurs à 25 % et une étiquette claire sur l’acier bas carbone.
Par ailleurs, l’association estime que « les secteurs stratégiques tels que l’hydrogène, ses dérivés, les engrais et les e-carburants bénéficient de bénéfices directs limités », et attend « des mesures plus fortes du côté de la demande » pour créer des marchés de premier plan.
Enfin, pour les investissements étrangers, la loi impose un certain nombre de contraintes sur le transfert de technologies, le recours à des composants européens et l’emploi. « L’Europe doit être une base industrielle complète, pas une simple plateforme d’assemblage », souligne Bruxelles. « Sans base industrielle forte, pas de modèle social européen, pas de transition climatique, pas d’autonomie stratégique », a déclaré Stéphane Séjourné, Commissaire européen chargé du marché intérieur et des services.