
Les deux constructeurs vont tester pendant 6 mois en Espagne un carburant 100 % renouvelable que développe le pétrolier local Repsol. Une initiative qui montre qu’il existe des alternatives à l’électrification et que les carburants plus neutres en carbone peuvent régler à la fois la question des véhicules thermiques neufs et du parc existant.
Il n’est pas surprenant de voir Toyota et BMW s’impliquer dans ce test. Tous deux défendent une stratégie multi-énergies, qui comprend tout aussi bien les carburants de synthèse (en particulier les e-fuels) que l’hydrogène. Et précisément, c’est sur le premier volet que porte cette initiative. Les deux constructeurs ont choisi de déployer une flotte de 20 véhicules, dans le cadre d’un projet-pilote qui se fait en collaboration avec Bosch (pour le suivi numérique*) et surtout Repsol, qui est un pétrolier très engagé dans la transition énergétique.
L’entreprise, qui est basée au pays basque espagnol, est l’une des premières en Europe à se lancer dans la production industrielle de carburants renouvelables. Elle propose ainsi le Nexa 95**, qui est une essence renouvelable à 100 %. Elle est produite à base de composants conformes à ce que prévoit la réglementation européenne (déchets, résidus ou sources d’énergie renouvelables). Et tout l’intérêt est de pouvoir être utilisée par un véhicule à essence sans modification du moteur, et surtout sans avoir à aménager de nouvelles infrastructures.
Le gain sur le CO2 est de 70 % par rapport à une essence conventionnelle.
Un pétrolier qui développe déjà des carburants de synthèse
Repsol, qui propose déjà ce carburant de synthèse à Madrid et en Catalogne, entend le proposer dans une trentaine de stations. Et il propose aussi un autre carburant Nexa pour les voitures Diesel. Il faut savoir que ce pétrolier, qui propose déjà du carburant de synthèse en compétition (en Formule 4 et en MotoGP), est aussi un acteur engagé dans l’hydrogène renouvelable et les carburants durables pour l’aviation et le transport maritime.
Le projet-pilote entend montrer que l’ouverture accordée par l’Europe au maintien du moteur thermique après 2035, à condition d’utiliser des carburants neutres en carbone, peut devenir une réalité. « Les carburants renouvelables peuvent contribuer à combler l’écart pour atteindre la neutralité carbone, surtout lorsqu’ils sont combinés aux technologies hybrides et hybrides rechargeables », estime Pascal Ruch, Vice-Président en charge des affaires publiques et gouvernementales chez Toyota Motor Europe.
*Avec le Digital Fuel Twin : un système qui apporte de la transparence numérique sur toute la chaîne de valeur des carburants, afin de suivre et de vérifier de manière fiable les carburants renouvelables dès leur entrée sur le marché jusqu’au consommateur final.
**Pour un indice d’octane à 95