
À l’occasion de la production du premier stack d’électrolyse entièrement conçu et fabriqué en France, le Groupe John Cockerill a organisé une visite de ses usines de Belfort et Aspach, ce vendredi. L’occasion de montrer que la technologie est mature pour la décarbonation de secteurs clés (engrais, acier, raffinage, chimie) et contribue à la souveraineté énergétique européenne.
Hydrogen Today était invité à cet événement. Nous n’avons pas pu y aller, mais cette prise de parole tombe à point nommé pour montrer que l’hydrogène est toujours dans la course. Et cela est très important à Belfort, où la liquidation judiciaire de McPhy a entraîné des critiques par rapport au soutien d’une filière encore fragile. Sur un plan politique, Christophe Grudler, député européen, et Damien Meslot, maire de Belfort et président du Grand Belfort, étaient annoncés sur place.
Le fait est que l’usine de Foussemagne est toujours là et compte une trentaine de salariés. C’est là qu’a été présenté hier le nouveau stack, qui constitue le cœur de l’électrolyseur. Ce cylindre de sept mètres de long et deux mètres de diamètre, d’une puissance 5 MW, dissocie les molécules d’hydrogène et d’oxygène. L’objet pèse près de 30 tonnes.
200 électrolyseurs par an à terme
La technologie utilisée par John Cockerill utilise des brevets de McPhy. La nouveauté vient du fait que le stack utilise des plaques en polymère, et non plus des plaques bipolaires métalliques. Ce qui permet d’alléger le produit, d’allonger sa durée de vie et de réduire son coût de 10 à 15%. Le stack doit encore passer une campagne d’essais en Allemagne avant une commercialisation espérée à la fin de l’année. De plus, les cellules (jusqu’à 200 par stack) produites à l’usine voisine d’Aspach*, sont assemblées de façon automatisée.
En parallèle au développement des futures générations d’électrolyseurs sur le site de Belfort, la production des électrolyseurs actuels et opérationnels se situe dans l’usine d’Aspach (pour un projet d’ampleur de John Cockerill aux Pays-Bas).
À terme, la direction vise une cadence annuelle de 200 appareils pour servir les « gros marchés industriels », notamment les raffineries et la pétrochimie, a indiqué le directeur général de John Cockerill Hydrogen, Nicolas de Coignac. Le groupe affirme disposer de « 800 mégawatts de carnets de commandes », après avoir notamment remporté un contrat important en Inde à la fin de 2024.
Un marché qui accélère
L’hydrogène produit par électrolyse est destiné à remplacer l’hydrogène d’origine fossile dans des procédés difficiles à électrifier directement. Les débouchés cités couvrent les raffineries, l’ammoniac utilisé pour les engrais, la mobilité routière, la sidérurgie ainsi que les carburants de synthèse pour l’aérien et le maritime.
La demande mondiale d’hydrogène a dépassé 100 millions de tonnes en 2025, selon l’Agence internationale de l’énergie. La quasi-totalité de cette consommation reste liée à des procédés émetteurs de gaz à effet de serre, pour des usages principalement concentrés dans le raffinage et l’industrie chimique. Malheureusement, l’Europe tergiverse alors que la Chine accélère dans l’électrolyse.
Sources : AFP, Le Trois
*Moins de 30 km entre les deux