Hyguane : de l’hydrogène vert pour Kourou

Le Centre Spatial Guyanais (CSG), en partenariat avec l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et le Centre National d’Etudes Spatiales (CNES), est à l’origine du projet Hyguane, qui a pour objectif de produire 130 tonnes d’hydrogène vert par an.

En Guyane, les projets liés à l’hydrogène ne se passent pas forcément comme prévu (voir notre article sur la centrale CEOG), mais a priori il n’ y aura pas de lézard avec Hyguane. Ce projet, dont le nom complet est « Hydrogène Guyanais à Neutralité Environnementale » réunit également Air Liquide, la SARA, MT-Aerospace, Be.Blue, mais aussi l’Université de Guyane et l’Université de Liège. Son ambition est de sortir de l’hydrogène gris* et de « verdir » les vols spatiaux. Ainsi, la fusée Ariane 6 sera propulsée par de l’hydrogène vert, produit par électrolyse grâce à de l’électricité renouvelable issue de panneaux solaires.

Dans son enceinte, le Centre Spatial Guyanais accueillera les champs solaires et les installations dédiées à l’électrolyse. A terme, l’objectif est une production de 130 tonnes d’hydrogène vert par an. Cet hydrogène sera liquéfié pour les besoins des lanceurs d’Ariane. Mais, il servira sous forme gazeuse pour de la mobilité terrestre. L’hydrogène made in Kourou pourrait alimenter des bus et d’autres véhicules qui pourront être convertis à l’hydrogène sous forme de retrofit.

Le projet pourrait également déboucher sur la création d’un Centre de compétence hydrogène en Guyane, dans une optique de développement d’une filière locale. C’est ce que contient la lettre d’intention, signée le 17 juin 2022 par les partenaires.

La mise en place d’Hyguane dépend de financements de la part de France Relance.

*Jusqu’à présent, l’hydrogène est produit par l’usine d’Air Liquide Space Guyane (ALSG) du Centre spatial guyanais (CSG) par reformage à la vapeur de méthanol importé de Trinidad et Tobago, un procédé qui génère directement une forte quantité de CO2. Ariane 5 emporte dans son immense réservoir central 162 tonnes d’oxygène liquide à -183°C et 28 tonnes d’hydrogène liquide à -252,87°C

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à propos de l'auteur

Laurent Meillaud

Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. Je collabore également depuis 2016 à la newsletter de France Hydrogène.

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