L’hydrogène peut-il sauver le site Bosch de Rodez ?

France Bleu rapporte que le 31 juillet, Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie en charge de l’Industrie, s’est penchée sur le sort de l’usine de l’équipementier automobile à Rodez (Aveyron). Elle a consulté par visio-conférence les organisations syndicales et la direction de l’entreprise.

Alors que la direction confirme la nécessité de supprimer rapidement 300 postes, en raison de la chute des ventes de voitures diesel (le site est spécialisé dans les injecteurs), l’hydrogène pourrait être une source de diversification. La ministre a évoqué le projet Fresh2, qui a été sélectionné avec 26 autres sur un total de 150 dossiers dans le cadre du Coram, le comité d’orientation pour la recherche automobile et mobilité. Un comité voulu par Emmanuel Macron à la sortie du confinement et destiné à provoquer la relance économique du secteur automobile.

Dans le cadre de Fresh2, des ingénieurs de Bosch veulent mettre au point un système autonome de pile à combustible pour les semi-remorques frigorifiques. C’est la même approche que Chereau, qui a mené un projet de recherche (ROAD) et souhaite maintenant commercialiser la technologie. En tant qu’équipementier, et parce qu’il travaille aussi dans le camion, Bosch pourrait plus facilement faire du volume et aider ainsi les transporteurs à réduire leur empreinte carbone.

L’ambition de Bosch France avec cette innovation est, à terme, de produire dans l’usine de Rodez une solution clé en main compétitive qui puisse être intégrée sur tout type de remorques réfrigérées, y compris sur des remorques existantes. Actuellement les ingénieurs travaillent à la réalisation d’un démonstrateur en collaboration, en interne avec les équipes de Bosch Engineering en Allemagne et en externe avec un fabricant de TRU, et espèrent clôturer cette phase d’ici la fin de l’année.

Elle sera suivie d’une phase de « levée de verrous technologiques » puis d’une phase dédiée à l’industrialisation série du produit. Après un déploiement national, y compris pour d’autres applications, Bosch ambitionne de proposer sa solution à l’international, en particulier sur les marchés américains et chinois.

Ce projet s’inscrit dans l’écosystème régional : la région Occitanie, ses entreprises et laboratoires se mobilisent depuis dix ans déjà pour l’émergence d’une filière hydrogène innovante, permettant de générer de l’activité et de créer des emplois et de devenir, in fine, la première région européenne à énergie positive (REPOS). Dès le début du projet à la fin 2019, Bosch a intégré des sous-traitants locaux à la construction de l’atelier dédié pour la réalisation du réseau H2, ainsi que la mise en place de l’ensemble du concept sécurité. D’autres prestataires locaux seront sollicités au cours de l’avancement du projet.

Dans la phase actuelle de développement, le site de Bosch Rodez collabore avec la société EveerHyPole (située à Albi) pour les parties ingénierie, sécurité produit et test du système. Le travail en synergie Bosch/ EveerHyPole est un bel exemple de développement d’une filière H2 collaborative, comme la région Occitanie le promeut. Par ailleurs, l’usine de Bosch Rodez a intégré le consortium « Corridor H2 ».

Les syndicats se montrent pour leur part réservés.

Partagez l'article si vous l'avez appréciez

A propos de l'auteur

Laurent Meillaud

Laurent Meillaud

Journaliste automobile depuis plus de 30 ans, suivant les évolutions technologiques, je m'intéresse aussi aux énergies alternatives, dont l'hydrogène que je suis depuis 20 ans. J'ai co-écrit un ouvrage à ce sujet en 2007 avec Pierre Beuzit, ancien patron de la R&D chez Renault. Je collabore également depuis 2016 à la newsletter de France Hydrogène.

Vous devriez aimer

Laissez un commentaires

H2Today / Seiya Consulting