IMG_0133

Le Figaro publie aujourd’hui un supplément consacré à la gestion de flottes. C’est le genre de cahier thématique attrape-pub (comme ceux consacrés au champagne, aux grands vins ou au parfum) et que l’on peut lire de temps à autre dans le quotidien possédé par Serge Dassault. La surprise, c’est que le couplet traditionnel sur l’électrification des parcs d’entreprises (toujours anecdotique) est complété par l’hydrogène.

Le supplément fait en effet état de la politique menée par le département de la Manche. Globalement, le ton est plutôt négatif. L’article laisse à penser que ce département de Normandie est le seul où on peut croiser des véhicules à hydrogène (comme s’il n’y avait pas de taxis Hype à Paris, ou une cinquantaine de véhicules à Lyon et Grenoble dans le cadre du programme HyWay), et met l’accent sur le fait que les véhicules sont chers (50 000 € pour les Kangoo H2*, 60 000 pour les Hyundai ix35 FC), les stations hors de prix (400 000 € pour une station à Saint-Lô), le coût d’usage prohibitif (13 centimes du km avec de l’hydrogène, contre 7 pour le diesel et 3 pour l’électrique).

Et le coup de grâce arrive à la fin de l’article : « ces véhicules ne dégagent que de la vapeur d’eau, mais l’hydrogène est produit à partir d’énergies fossiles et émet des émissions de polluants locaux et de gaz à effet de serre ». Et ceci, alors que la phrase précédente fait état d’un projet du département de la Manche, qui « va expérimenter une production d’hydrogène à partir d’énergies renouvelables ».

Comme quoi être spécialiste des flottes ne veut pas dire qu’on s’y connaît en énergies alternatives.

On ne peut qu’inciter l’auteur à lire ce blog**, et comme beaucoup de ses confrères, à faire preuve de plus de curiosité et surtout de rigueur quand on aborde ce genre de sujet.

*A comparer avec le coût de 2 Kangoo ZE

**Mais aussi le cahier qu’a publié l’Observatoire du Véhicule d’Entreprise sur l’hydrogène.