
Le 23 juin, lors de la première journée M4H, dont Hydrogen Today est partenaire, une table ronde est organisée sur le thème des e-SAF. Ces carburants durables pour l’aviation, à base d’hydrogène et de CO2, représentent une belle opportunité pour renforcer la filière et relocaliser l’industrie en France.
Comme c’est le cas chaque année, malgré une filière hydrogène fragilisée, l’événement Meet4Hydrogen arrive à proposer des sessions avec un riche contenu. Et à notre sens, le panel sur les e-SAF devrait intéresser particulièrement les participants. Il va notamment faire intervenir le PDG de SAF+, Pierre Gonthier, à propos du projet d’usine que cet acteur québecois va implanter dans le sud de la France, à Port-La-Nouvelle (Aude). Ce projet ambitieux, annoncé lors du dernier salon Hyvolution, est annoncé comme particulièrement innovant. La communication est bien maîtrisée, mais on devrait en savoir un peu plus le 23 juin.
D’autres producteurs seront autour de la table comme MGH Energy, qui va ouvrir une usine de production d’e-fuels en 2031, à Laudun-l’Ardoise (Gard), sur le site d’une friche sidérurgique au bord du Rhône. Un projet à 1 milliard d’euros qui joue sur la complémentarité des écosystèmes avec notamment un pipeline pour le transport de CO2. Et on retrouvera aussi Elyse Energy, qui évoquera son projet emblématique E-CHO sur le bassin industriel de Lacq (Pyrénées Atlantiques), avec un objectif de 200 millions de litres par an de carburants durables.
Précisons par ailleurs que ce panel sera l’occasion d’entendre Antoine Laborde, le directeur des achats de carburants d’Air France (une compagnie aérienne particulièrement volontariste sur le sujet). Et il y aura aussi le volet financier, avec la participation de la société de capital-risque Aster. Celle-ci finance des briques technologiques pouvant servir la jeune filière des e-SAF. France Hydrogène sera aussi de la partie pour apporter une vision d’ensemble
Comment structurer la filière ?
Au-delà de la présentation des projets, toute la question sera de savoir comment structurer cette filière justement. « Il faut sortir des postures, ne pas jouer l’opposition entre les territoires et jouer en équipe de France pour faire avancer ces carburants durables », estime Mathieu Hoyer, en charge du développement et directeur des projets SAF chez Elyse Energy. « C’est une question de souveraineté », souligne-t-il. Il rappelle également qu’il existe un observatoire international des e-fuels, animé par le cabinet SIA Partners. Dans son baromètre 2025, il recensait près de 120 projets de taille industrielle dans 28 pays, portés par des objectifs de décarbonation renforcés dans les secteurs maritime et aérien.
La France doit donc se mobiliser pour faire partie de cette industrie.