
Le 26 mai, le Président de la République a présenté un plan d’électrification qui concerne la mobilité, le bâtiment et l’industrie. Il a beaucoup parlé de batteries et de réseaux, mais pas du tout d’hydrogène, ou du bout des lèvres.
Dans son (toujours très long) discours, le Chef de l’Etat, a parlé au début de mix énergétique, se risquant à évoquer la géothermie et « l’hydrogène naturel, demain peut-être, dont les premiers retours nous donnent espoir, sans qu’il puisse encore tenir lieu de réponses immédiates ». Mais ce sera la seule fois où il prononcera le mot hydrogène.
Il faudra attendre la fin pour l’entendre dire : « je pense aussi aux start-ups de l’industrie décarbonée qui innovent vers des procédés industriels 100 % électriques, comme GravitHy pour l’acier ou FertigHy pour les engrais ». Rappelons quand même qu’il s’agit de deux projets emblématiques de la filière hydrogène. Difficile de croire que ses conseillers l’ignorent.
France Hydrogène a raison de rappeler dans un post sur LinkedIn que l’hydrogène est un levier stratégique. Il est même qualifié d’indispensable, car il permet de substituer les énergies fossiles. Et il peut être utilisé comme levier d’électrification indirecte dans les raffineries et pour la production d’engrais et d’acier bas carbone. L’association rappelle également son rôle dans la production de carburants de synthèse pour l’aérien et le maritime, avec déjà 13 projets en France.
L’équipe de France de l’électrification ne joue pas très fair play, c’est le moins qu’on puisse dire. Et on est prié de ne pas rire quand le Président se félicite du succès des giga factories de batteries pour véhicules électriques, alors que l’Europe a dû débloquer d’urgence 1,8 milliard d’euros pour sauver les acteurs en difficulté. La filière H2 n’a pas eu ces égards.